Le manque d’eau de pluie semble avoir gravement raison des zones humides, écosystèmes fragiles et déterminants pour le climat dans la région de Blida. La sécheresse, confirment les services de la Conservation des forêts de la wilaya, contribue sérieusement à la baisse « significative » de ces zones et rend nécessaire d’intensifier les mesures de protection d’un milieu naturel sans cesse dégradé par l’homme.

Synthèse de Salim Benour
Dans une déclaration à l’APS, le chef du département de l’Expansion des richesses et de la Protection des terres à la Conservation des forêts de wilaya, Mohamed Mokadem, estime que le déficit pluviométrique que connaît l’Algérie durant ces dernières années, phénomène constaté une nouvelle fois durant les mois de décembre et janvier derniers, période pendant laquelle le ciel n’a pas été généreux, est l’une des causes de la disparition des lacs et des surfaces aquatiques dans la région de Blida connue autrefois pour l’humidité de son climat. De nombreux sites lacustres ont été complètement taris par la sécheresse, a-t-il affirmé, citant le lac Dhaya (adjacent à la wilaya de Médéa), connu sous le nom désormais démenti de« lac suspendu qui ne s’assèche jamais ». A 1 230 m d’altitude sur une superficie de 2 hectares, le lac Dhaya, dont le niveau des eaux n’a jamais été aussi bas que ces dernières années, a été complètement asséché l’été dernier lorsqu’il est devenu « une terre aride empruntée par les véhicules », a déploré Mohamed Mokadem. Le même sinistre est constaté au barrage El-Moustakbal d’El Affroun, à la frontière avec la wilaya d’Aïn Defla, qui s’est également asséché durant l’été dernier. Les pluies du mois de novembre dernier ont permis à ce barrage et au lac Dhaya de restituer une partie de leurs eaux, mais elles sont restées insuffisantes en raison de la sécheresse constatée en décembre et janvier derniers. De nombreux lacs de Oueds Djer et Chiffa, les Sebkhat à Oued Alaik et les étangs de Sidi Hammad (Meftah), Sidi Hamouda (Bouguerra), Salsala (Larbaa) et Magtaa Lazrag (Hammam Melouane), ainsi que d’autres ont connu la même situation durant l’été dernier, ajoute le même responsable, ce qui a impacté l’équilibre environnemental, étant donné que ces zones constituent un refuge de prédilection pour plusieurs oiseaux migrateurs. M. Mokadem a, en effet, constaté l’absence de plusieurs oiseaux migrateurs qui fréquentaient ces zones les années précédentes, après l’assèchement de leurs eaux et le dessèchement de leurs plantes, à l’instar du lac Dhaya qui est considéré comme un réservoir diversifié de la richesse animalière et végétale et des types d’oiseaux comme la cigogne, l’aigle royal, la perdrix, les canards, l’aquila et de nombreux oiseaux migrateurs.
Il a relevé que cette situation a également impacté les habitants qui s’approvisionnaient en eau des lacs et tiraient profit de ces zones touristiques par excellence, visitées par des familles en quête de repos et de quiétude et de se rafraîchissement en été. Les incendies qui ravagent le couvert végétal, le surpâturage et le jet anarchique de déchets sont les autres phénomènes qui impactent négativement les zones humides, ce qui requiert davantage de sensibilisation à l’importance de la préservation de ces zones au vu de leur grande importance dans nos vies et la nature, de l’avis de la Conservation des forêts. Pour protéger les zones humides des différents dangers, la Conservation des forêts de la wilaya a tracé, à l’occasion de la Journée internationale des zones humides, célébrée cette année sous le thème « Agir pour les zones humides, c’est agir pour l’homme et la nature », un programme prévoit l’organisation de plusieurs opérations de reboisement dans le périmètre de ces zones, a indiqué le chef de service de l’Extension de la ressource forestière et de la protection des terres. Une campagne de plantation de 400 arbustes dans le périmètre du barrage de Tlaoulakhit dans la commune d’Affroun (ouest) a débuté, hier mercredi, Journée mondiale des zones humides, avec la participation de plusieurs associations, établissements et institutions. Cette campagne sera suivie par de larges opérations de sensibilisation sur l’importance de préserver les zones humides de la pollution et du surpâturage.
La Conservation des forêts a programmé la plantation de quelque 19 000 arbustes répartis sur 34 hectares du couvert végétal, à travers 11 communes dont la majorité est située dans la partie est de la wilaya, à l’instar de Djebabra, Larbâa, Bougara et de Hammam Melouane. Des hectares ont été plantés de différentes variétés végétales dans la région de Magtâa Lazreg à Hammam Melouane, Sidi Hammouda à Meftah, le barrage d’El Moustakbal à Oued Djer et le Lac de Dhaia sur les hauteurs d’Aïn Romana. Toujours à Blida, et dans le cadre des opérations d’aménagement du milieu rural et montagneux, de nombreuses pistes forestières ont été ouvertes et d’autres ont été aménagées en 2021 par la Conservation des forêts, a-t-on appris. Ces opérations ont touché les zones de Bousardina (Magtaâ Lazreg) de Kechar, dans la commune de Hammam Melouane, et de Boualbane dans la commune de Bougara. Elles ont concerné l’aménagement de cinq kilomètres de chemins forestiers dans la zone de Ghelai d’Aïn Trayour à Chréa et d’un sentier à Tafrante, dans la région Amroussa relevant de la commune de Bouinane, sur 20 kilomètres. La Conservation des forêts de Blida fait également état de l’aménagement de 12 km de pistes rurales dans la commune de Oued Djer, de la cité « Al Hachem » à la forêt domaniale « Soumata » relevant de la circonscription de Bouchachia, outre l’aménagement sur
11 km de la route Haouch Mezine, relevant de la commune montagneuse de Souhane, et d’une piste forestière de
15 km dans la région de Remili et El Merdja, dans la commune d’Ouled Slama. Ces opérations visent à faciliter les interventions en cas d’incendie, afin de préserver le couvert végétal de la wilaya qui compte 65 253 hectares de forêts représentant 44% de sa superficie totale, composés de différentes essences forestières dont le pin d’Alep, le cèdre, le chêne-liège, l’eucalyptus et le chêne vert. n