Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Abdelhamid Hemdani s’est, enfin, prononcé sur les 30 000 tonnes de céréales avariées, importées de Lituanie par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC). C’est du moins ce qui était attendu de sa part aux fins d’éclairer l’opinion publique en sa qualité de premier responsable du secteur. Ainsi le ministre a donné avant-hier, lors de son passage à l’émission interactive du quotidien Le soir d’Algérie, des informations sur le sujet. Selon lui, il s’est avéré, une fois le navire vraquier arraisonné au début du mois de novembre dernier, que sa cargaison de céréales présentait des signes d’avaries «dans seulement une des cales du vraquier», a-t-il fait remarquer. Autrement dit «une partie minime du chargement n’était pas saine». «Les analyses phytosanitaires effectuées ont permis de déceler que le blé était enrobé, affecté par un fongicide ou un pesticide», a précisé le ministre. Révélant en outre dans ce sens : «Nous attendons les résultats finaux des analyses qui vont permettre de connaître le taux d’affection réelle des céréales. Et c’est seulement à partir de ces conclusions que nous allons prendre les décisions qui s’imposent.» Poursuivant : «Cela va nous permettre de déterminer avec exactitude la part de responsabilité dans cette transgression aux règles du commerce.» Pour être plus explicite, le ministre a lâché : «Nous allons savoir si le contrôle à l’embarquement a été effectué réellement ou pas du tout par les bureaux d’études et experts en la matière comme il est exigé dans le cahier des charges.» Toujours est-il que le ministre a avoué qu’une partie du blé avarié a pris le chemin des minoteries pour trituration. «Mais heureusement que des analyses physicochimiques poussées font état que le produit de trituration issu des céréales est indemne, c’est-à-dire consommable, voire même de qualité». Néanmoins, le ministre a tenu à rassurer que toute la cargaison du vraquier est encore sous cale et sous séquestre «dans l’attente d’autres analyses qui puissent lever tout doute sur la qualité du blé lithuanien», a-t-il informé. Il a tenu enfin à assurer que l’Etat ne prendra aucun risque concernant la santé des consommateurs. «Ce n’est pas la première fois que notre pays importe. Tous les pays du monde importent et exportent», a-t-il rappelé, en ajoutant que «dès qu’une marchandise importée, où il est prouvé qu’elle n’est pas conforme au cahier des charges fixant les conditions de vente, des mesure sont prises et très souvent font l’objet d’une interdiction d’entrée sur le territoire national. Pas seulement, un retour à l’envoyeur, c’est-à-dire au fournisseur, est décidé aux frais de l’expéditeur ou de l’importateur».
Rappelons enfin que la mise en évidence de l’avarie citée plus haut s’est soldée par le limogeage du Directeur général de l’OAIC Abderrahmane Bouchehda.