Le site de Tahouda, qui se trouve à 17 km au nord-est de la ville de Biskra, connaît enfin une prise en charge et un regain d’intérêt et des plus importants par l’Institut d’archéologie d’Alger, dans le cadre d’une recherche scientifique. En effet, des recherches et des prospections ont été entamées de 2003 jusqu’à 2011, pour établir et approfondir les données sur l’historique du site. En 2012, de nouvelles prospections ont été lancées dans toute la région voisine du site. Suite à ces recherches, fouilles et prospections, plusieurs découvertes ont été faites aussi bien au fort Tahouda que dans les alentours. Dans un ordre chronologique, c’est au début de l’année 2013 que le relevé architectural et archéologique a été finalisé ; 2014 début des travaux pour le nettoyage du mur de la forteresse, aussi la découverte de la muraille et de la porte nord de cette même forteresse. C’est en 2015, que l’opération nettoyage a été lancée, elle coïncidait avec une autre découverte, celle de la porte sud-ouest. Enfin, l’année 2016 reste peut-être la plus riche en matière de découvertes, nous disent les différents responsables du secteur culturel au niveau de la wilaya de Biskra, et à leur tête le directeur de la culture Meshoub Hadj, qui estime que le site de Tahouda mérite toute l’attention des responsables d’où son engagement personnel pour le sauvegarder et le protéger, nous dit-il. Avant d’ajouter : « Les chercheurs et autres spécialistes ont fait d’importantes découvertes sur ce site (Tahouda) et de différentes époques, à savoir romaine, médiévale, à l’exemple de pièces de monnaies du IIIe et IVe siècle av. J.-C . Nos efforts vont dans le sens où nous souhaitons faire aussi bien une promotion culturelle touristique, mais aussi une mise en valeur historique et archéologique. » Présente à notre rencontre Mme Haba, chef de service du patrimoine au niveau de la Direction de la culture, a tenu à apporter des éclaircissements et précisions de grande importance. Elle abonde dans le même sens que son responsable hiérarchique, en ajoutant des éléments capitaux. «Tahouda est historiquement une ville numide, mais qui a connu d’autres occupants, c’est connu dans le monde de l’histoire et de l’archéologie. En se référant à quelques historiens, Tahouda a été dominé par les Mauriens et Romains. Ce lieu est connu pour avoir été le théâtre d’une célèbre bataille, que raconte plusieurs historiens, celle qui a opposé les troupes d’Okba Ben Nafaâ et les cavaliers du chef numide Kosseila. Après d’âpres combats qui, selon des historiens, ont duré plusieurs jours, le chef des troupes musulmanes a trouvé la mort ainsi qu’une grande partie des troupes qui l’accompagnaient. Ces faits remontent à l’an 683 av. J.-C. » On apprend aussi que le grand historien et philosophe Ibn Kheldoun parle de cette même ville, qui était numide à l’origine, puis romaine, byzantine et islamique, tout en estimant que son origine est préhistorique. Il invoque les inscriptions, les bains thermaux, la forteresse, les restes de rempart et un ancien cimetière.
Cependant, la toponymie est d’origine berbère (variante chawie) au vu de la consonance du mot, sachant que fort probablement, la reine et guerrière berbère, Kahina, utilisait Tahouda comme lieu de repli, puisque son camp et son refuge ne se trouvent qu’à une vingtaine de kilomètres de là. Le directeur de la culture de la wilaya de Biskra, M. Meshoub, nous informe que ce site est classé patrimoine national protégé et aussi bien culturel. Il y a une mise en valeur dans le cadre de la protection du tourisme culturel, dans l’objectif de tracer un parcours historique et patrimonial, de la période antique à celle moderne et contemporaine.
J. R.