La mise en service fin 2017 de la nouvelle raffinerie de sel gemme d’El Outaya (wilaya de Biskra) permettra à l’Algérie d’arriver à une « autosuffisance » en matière de production de sel chimique utilisé dans l’industrie pharmaceutique, a-t-on appris mardi auprès du Directeur national de l’Entreprise nationale des sels (Enasel).

Actuellement en phase de construction, cette nouvelle raffinerie, dont la réception est prévue pour le mois de septembre 2017, fabriquera du sel chimique de « haute pureté» constitué de 99,9% de chlorure de sodium (Nacl), visant à couvrir les besoins nationaux et à «mettre un terme aux importations», a précisé à l’APS L. Nabil Maghlaoui, Directeur général de l’Enasel. Il a également fait savoir que cette nouvelle raffinerie vient en remplacement de l’ancienne raffinerie, implantée également à Biskra, entrée en exploitation en 1982 et mise hors service en 2006, consécutivement à la «vétusté de ses installations» qui ne répondaient plus aux exigences du marché. Ce même responsable a indiqué, dans ce contexte, que la raffinerie d’El Outaya, d’une capacité de 80 000 tonnes, produira 25 000 tonnes de sel pharmaceutique, 25 000 tonnes de sel en pastilles et 30 000 tonnes de sel destinées à la consommation domestique et industrielle. Outre « l’autosuffisance » en sel pharmaceutique qui entre dans la composition des solutions salées physiologiques ou isotoniques ainsi que d’autres produits pharmaceutiques, cette raffinerie mettra également un terme à «l’importation du sel en pastilles» utilisé dans la régénération des résines des installations de traitement des eaux, a affirmé le Directeur général de l’Enasel. Nécessitant une enveloppe de 1,2 milliard de DA, les travaux de construction de la nouvelle raffinerie d’El Outaya ont été lancés en février 2016, selon cette même source. En matière d’exportations, l’Enasel a exporté 1 400 tonnes de sel industriel (sel de déneigement) au cours du mois de novembre 2016 en direction de la France, et «a des contacts» avec d’autres pays, comme la Russie et l’Espagne, pour d’autres opérations d’exportations. Il a, d’autre part, évoqué l’exportation de 9 000 tonnes de sel alimentaire vers la Côte d’Ivoire en 2015, assurant à ce sujet que l’Entreprise nationale des sels « pénètre doucement le marché africain », où la qualité des produits proposés suscite l’intérêt de certains pays comme le Sénégal. Domiciliée à Constantine, l’Enasel est le plus grand producteur et distributeur algérien de sel et touche tous les domaines d’activité, à savoir alimentaire, industriel, traitement de l’eau, déneigement, agriculture, pharmacie et cosmétique et s’est inscrit dans des axes de développement ambitieux. Disposant de six unités de production et de trois centres de distribution, l’Enasel ambitionne de diversifier sa gamme de produits et d’accroître son offre sur le marché national et international, a-t-on noté.