Après plus d’un demi-siècle d’existence, mais surtout de production, de création, pour perpétuer un savoir-faire connu dans toute la région, en l’occurrence la poterie, la petite unité de production de poterie traditionnelle de M’chounèche, qui a vu le jour dans les années 1970, continue son petit bonhomme de chemin en dépit de toutes les tracasseries qu’elle a connues.


Sa longévité témoigne de la volonté des équipes qui se sont succédé à la fois à l’administration et dans les ateliers pour maintenir en vie ce qu’ils appellent un acquis, et c’est mission accomplie. Transformée en Sarl depuis 1998, pour répondre aux exigences du marché, l’Unité de fabrication de poterie traditionnelle, avec sa nouvelle équipe, a pu en un court laps de temps s’adapter à la nouvelle donne. Certains artisans ont pu bénéficier de formation et l’arrivée de deux jeunes artistes, qui ont poursuivi des études artistiques au sein de l’Ecole des beaux-arts de Batna, ont été d’un apport et non des moindres, en plus de l’expérience des anciens qui font profiter les nouveaux venus de leur savoir-faire. «Une fermeture de cinq mois pour cause de retraite du nouveau gérant n’a entamé en rien, encore une fois, l’abnégation de la jeune équipe», nous dit le gestionnaire de la petite manufacture, M. Abbas. Cette pause était presque obligatoire pour une meilleure approche de l’avenir de l’unité, explique-t-il. En ajoutant : «Vous pouvez constater que nous sommes ouverts même vendredi. C’est le jour où des citoyens de Biskra et des wilayas voisines, Batna, Khenchela… viennent à notre unité en famille ou bien en groupe dans le cadre d’excursions faire des achats. Nous n’avons d’autres choix que d’ouvrir en fin de semaine pour répondre à ces besoins. Nous continuons comme par le passé à ramener la terre glaise et l’argile du gisement de Banian, à 15 km de M’chounèche. En plus des clients que vous voyez aujourd’hui dans notre unité, nous avons d’autres beaucoup plus importants qui sont des revendeurs. Souvent des artisans viennent de Ghouffi, Batna, El Oued. Notre produit se distingue par ses motifs et la couleur de son argile. » Entre décorateurs, tourneurs, émailleur, l’unité emploie 12 autres ouvriers permanents, gérant, magasinier, qui bénéficient d’une totale indépendance de gestion. C’est ce qui a peut-être contribué à maintenir en production cette manufacture. Cependant, un souci majeur préoccupe l’équipe restreinte de l’unité, la vétusté des équipements et tout particulièrement des fours, nous dit notre interlocuteur, le magasinier. Il nous informe que, de nos jours, les fours pour le cuissage et maillage fonctionne à l’énergie électrique, or les deux fours de l’unité fonctionnent encore au gaz. Un manque de performance et de compétitivité qui pénalise énormément la Sarl de M’chounèche, selon M. Abbas. Des efforts sont consentis par toute l’équipe, administration et ateliers, pour voir les différents moyens à mettre en œuvre pour l’acquisition de fours modernes, mais la tâche ne semble pas facile au vu des prix des fours dits semi-industriels.