On en parle peu. Le sujet semble ne pas trop intéresser la presse et pourtant il s’agit d’un génocide qui se déroule en Birmanie. Dans ce pays, c’est une véritable guerre ethnique qui est menée à l’encontre des minorités musulmanes.

Dans une indifférence totale de la communauté internationale et des Etats musulmans, les civils sont torturés, tués, leurs femmes sont violées, leurs maisons sont brûlées et leurs droits sont bafoués. Leur tort: ils représentent une minorité dans ce pays. Les Nations unies ont tiré la sonnette d’alarme sur des crimes perpétrés en Birmanie, en l’occurrence l’assassinat d’un millier de musulmans Rohingya par l’armée du Myanmar (Birmanie), ont déploré deux officiels des Nations unies qui travaillent dans deux agences distinctes au Bangladesh, à l’agence Reuters. Un rapport publié par le bureau du Haut-commissariat pour les droits de l’Homme (OHCHR) a, pour sa part, fait état de «meurtres de masse» et de «viols en groupe» par des militaires au nord-ouest du Myanmar au cours des derniers mois dans le cadre d’une «politique de terreur calculée». En effet, «plus de 1 000 musulmans appartenant à la minorité des Rohingyas pourraient avoir été tués par la répression de l’armée birmane dans l’État d’Arakan» à l’ouest du pays, affirment deux officiels de l’ONU à Reuters. Les officiels travaillent au Bangladesh voisin, où près de 70 000 réfugiés Rohingyas ont fui au cours des quatre derniers mois. C’est dire que les Rohingyas, communauté birmane de confession musulmane, restent une des minorités les plus persécutées du monde, selon les Nations unies. Discriminés par des moines bouddhistes radicaux, plusieurs d’entre eux sont contraints de fuir le pays. D’autres sont confinés à des camps au Myanmar, et survivent dans la plus profonde misère. Dans la région de Rakhine, à la frontière avec le Bangladesh, sur des kilomètres et des kilomètres, des installations rudimentaires accueillent des dizaines de milliers de personnes entassées les unes sur les autres. Ce sont les Rohingyas. À l’intérieur de ces camps, c’est une bataille quotidienne pour demeurer en vie. Jusqu’en 2012, la minorité musulmane originaire du Bangladesh a vécu côte à côte et de façon pacifique avec ses voisins bouddhistes pendant des décennies. C’est le tournant. À la suite d’un viol, une vague de violence sans précédent a éclaté dans la région. Plus de 200 personnes ont perdu la vie, principalement des musulmans, et 140 000 Rohingyas ont été confinés dans ces camps. Un nettoyage ethnique, selon l’organisme Human Rights Watch qui, comme bien d’autres ONG, arrive à peine à visiter les lieux aujourd’hui. Depuis, les Rohingyas sont captifs. Des guérites les empêchent de sortir des camps et l’armée se charge de faire régner l’ordre sur le nouveau territoire. Début 2017, un groupe composé d’une douzaine de lauréats du prix Nobel a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies d’intervenir pour mettre fin à cette «tragédie humaine». Outre cette demande, le groupe a critiqué la passivité de la présidente birmane, Aung San Suu Kyi, elle-même lauréate du Nobel de la Paix. Silencieuse face à ces crimes, la présidente birmane a déclaré qu’il ne s’agit pas du «seul problème «auquel son pays «a à faire face», selon RTBF.