Et si la Banque d’Algérie passe au billet polymère ? La question a été posée au début du mois de juillet à l’occasion d’un webinaire, organisé par CCL Secure, filiale de CCL Industries, société canadienne et leader mondial des substrats polymères pour billets de banque ou billets de banque en plastique.

Synthèse Lyes Sakhi
Elle indique au moins qu’il y a de cet opérateur basé à Toronto, dont la capitalisation boursière dépasse les 12 milliards de dollars canadiens, un intérêt pour le marché algérien des billets de banque et qu’il serait motivé par une attention de la Banque centrale algérienne à ce type de billets de banque, déjà adopté par plusieurs pays dont le monde dont la Grande-Bretagne et le Canada.
En réalité, des discussions ont eu lieu entre les deux parties et devraient se poursuivre, selon les déclarations du directeur de développement commercial de CCL Secure. «Nous avons proposé nos idées à la Banque d’Algérie. Nous espérons que ses responsables poursuivront les discussions avec nous pour trouver des solutions meilleures pour l’environnement et pour la Banque centrale en termes de protection contre la contrefaçon, d’économie et de propreté.» Andrew Bonnell, qui a évoqué la possibilité pour la Banque d’Algérie d’acquérir prochainement de nouveaux équipements d’impression de billets de banque, conforte l’existence de contacts entre l’opérateur canadien et la haute institution bancaire algérienne. Aboutiront-ils ? L’argument des responsables de CCL Secure porte sur la sécurité et la durabilité du billet de banque en polymère. S’il est de 25 à 30 % plus cher que le billet en papier, sa durée de vie est plus longue et permet, dans un pays comme l’Algérie où le cash est roi, des économies de plus de 50% en matière de traitement et de remplacement. Pour le responsable du développement commercial de CCL Secure en Afrique et au Moyen-Orient, l’atout du billet en polymère est d’être plus sûr et nettement moins vulnérable à la contrefaçon, en raison de la technologie utilisée pour sa fabrication.
Le billet en polymère est également réputé plus propre, une qualité importante en ce temps de pandémie et de polémique sur la dangerosité des billets de banque dans la transmission du coronavirus, et 100% recyclable. Depuis l’émission du premier billet de banque en polymère au Canada, il y a dix ans, on a constaté qu’«au cours des 24 premiers mois qui ont suivi l’introduction des billets» dans ce pays, «les contrefaçons détectées pour les billets de 100 CAD ont été réduites de 9 705 à 271 billets. Des résultats similaires ont été observés pour les autres coupures canadiennes», affirme CCL Secure dans un communiqué. Ancien directeur de la Monnaie à la Banque du Mexique, Jaime Pacreu déclare : «Au Canada, en Australie (qui a adopté le billet en polymère en 1988) et en Angleterre (qui achève cette année la transition vers le polymère de l’ensemble de ses billets de banque), leur principale motivation était la sécurité. Au Mexique, les principales motivations étaient les économies de coûts et la propreté (les billets en polymère peuvent être nettoyés à l’aide d’un chiffon, ce qui n’est pas le cas des billets en papier). De même, au Costa Rica et en Mauritanie, les économies de coûts ainsi que la durabilité et la longévité ont été les principales raisons du passage au polymère.» «Dans le monde entier, 35 pays ont émis des billets de banque en polymère et bénéficient de la sécurité, de la durabilité, de la propreté et des avantages environnementaux de ces billets», lit-on dans le communiqué de CCL Secure. n