Le front des feux de forêt se calme relativement et l’heure est déjà à l’évaluation du sinistre majeur que vient de subir le pays. Au vu des pertes matérielles et de la destruction de tout un tissu économique local, notamment en Kabylie où le désastre est le plus lourd, le bilan s’annonce pénible à supporter.

PAR NAZIM BRAHIMI
A travers l’ensemble des reliefs touchés par les incendies, l’on ne peut que mesurer l’ampleur des dégâts, mais surtout un impact économique lourd à supporter dans des zones montagneuses où il n’a jamais été facile de garantir la pérennité d’une activité. En un mot, le tissu économique local aura pris un sacré coup dont il sera difficile de se relever, selon des témoignages d’agriculteurs locaux.
Ainsi, après le bilan provisoire des pertes et dégâts enregistrés dans la wilaya de Tizi Ouzou, où on a déploré plus de 25 000 ha de couvert végétal et 100 800 sujets d’élevage détruits par les flammes, on connaît, depuis hier, la facture des ravages dans la wilaya de Skikda, particulièrement, en ce qui concerne l’oliveraie.
La perte est estimée à plus de 8 000 oliviers détruits, selon la Conservation des forêts de l’antique Rusicada, laquelle fera part de la perte de plus d’un millier d’arbres fruitiers, notamment pommiers, poiriers, figuiers et figuiers de Barbarie. La même source a indiqué que les statistiques préliminaires révèlent «la destruction de plus de 800 ha de surfaces forestières classées à vocation agricole», ce qui constitue un tribut lourd à supporter pour les agriculteurs. Dans le détail, la Conservation locale a déploré la destruction de 250 ruches, la décimation de 22 vaches laitières, dont certaines étaient en gestation, et la calcination de 6 500 volailles dans deux entrepôts d’élevage qui ont été encerclés par les flammes. A titre d’exemple, les habitants de la région rurale d’El Kherba -frappée récemment par un séisme- ont déploré de grandes pertes avec la destruction d’oliviers et d’arbres fruitiers qui constituent leur source de subsistance, exhortant, par la même occasion, les autorités locales à les aider pour traverser cette épreuve difficile.

Evaluation et indemnisation des sinistrés
Par ailleurs, l’opération portant sur l’évaluation des dégâts et l’indemnisation des sinistrés avance à mesure que les flammes s’éteignent et que les équipes d’expertise accomplissent leurs missions sur le terrain. A Tizi Ouzou, la wilaya la plus touchée par les incendies, l’équipe d’experts est à pied d’œuvre depuis dimanche.
De son côté, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a procédé, hier, à l’installation de la Commission nationale d’évaluation et d’indemnisation des sinistrés des feux de forêt enregistrés dans plusieurs wilayas, selon un communiqué de la Présidence. «Après la lecture de la Fatiha à la mémoire des martyrs, civils et militaires, le Président a donné des instructions fermes aux membres de la Commission pour coordonner leur travail avec tous les secteurs et les commissions de wilaya présidées par les walis et de procéder dans l’immédiat à l’indemnisation des sinistrés», a précisé la même source. Cette dernière a expliqué que ladite Commission a pour «principale mission de réceptionner les dossiers des commissions de wilaya chargées de l’évaluation des dégâts», indiquant que le chef de l’Etat a instruit les membres de la Commission de travailler «en toute transparence et équité, en associant les chefs de comité de village dans l’élaboration des listes des sinistrés qui bénéficieront du soutien total de l’Etat».
«Soutien total» et allocation d’un million de dinars
Le communiqué du Palais d’El Mouradia a indiqué que le Conseiller à la présidence de la République chargé des Relations extérieures, Abdelhafidh Allahoum, a été chargé par le Président Tebboune de présider la commission».
M. Tebboune a décidé, par ailleurs, «d’attribuer une allocation de 1 million de dinars au profit des familles des martyrs, civils et militaires, qui sera octroyée aux parents du martyr s’il était célibataire ou à son conjoint».
Le communiqué de la Présidence a noté qu’avant la clôture de la session, le Président a de nouveau salué «l’élan de solidarité du peuple algérien qui traduit la grandeur de ce dernier et qui se veut une réponse forte à tous ceux qui tentent d’exploiter cette conjoncture difficile que la nation surmontera sûrement». n