Par Khaled Remouche
Le tissu économique du pays reste constitué essentiellement de très petites entreprises (TPE), les moyennes et les grandes entreprises n’en représentent qu’une très modeste part. Ce qui montre les difficultés des micro et petites entreprises à se transformer en moyennes et grandes entreprises et à contribuer de façon sensible à la croissance économique, à la réduction de la facture des importations et à la résorption du chômage dans le pays.
Le dernier bulletin statistique de la PME, qui fournit une situation de ce pan important du tissu économique à fin juin 2019, sur lequel compte essentiellement le gouvernement pour diversifier l’économie et relancer l’appareil de production, fait état de l’absence d’investissements directs étrangers (IDE) en Algérie tout au long des six premiers mois de l’année 2019. L’ANDI, en effet, indique que durant cette période aucun projet d’IDE n’a été déclaré, contrairement aux années précédentes. Un effet d’une période politique difficile marquée par le Hirak, mais aussi un climat des affaires délétère. Ce reflux de l’investissement direct étranger ou ce degré zéro des IDE s’est poursuivi en 2020 avec la double crise économique et sanitaire. Dans ce domaine, l’Algérie n’a toujours pas achevé son vaste chantier institutionnel, le code des investissements n’est pas encore promulgué, tout comme la nouvelle réglementation devant régir le partenariat public-privé. En outre, tous les textes d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures ne sont encore tous adoptés par le gouvernement. A cela s’ajoute un sérieux facteur contraignant, le pays n’a pas encore ouvert son espace aérien en raison de la pandémie. Il ne faut donc pas s’attendre à un éventuel afflux des investisseurs étrangers tout au moins au cours du premier semestre 2021.
Il convient de rappeler que l’investissement direct étranger fait partie du pack de solutions entre les mains du gouvernement pour desserrer l’étau des difficultés financières par l’injection de capitaux frais, faire face aux besoins de modernisation de l’appareil de production, d’intégration industrielle et de mise à niveau technologique.
Le bulletin statistique de la PME fait également état de la dissolution de 6 440 PME privées et la création de 31 194 PME privées au cours des six premiers mois de 2019. Entre le premier semestre 2018 et le premier semestre 2019, 78 775 PME ont été créées, soit une croissance de 7,2%. La croissance pour les PME privées a été de 5%. L’évolution tous secteurs confondus émane principalement des services – plus de PME dans ce secteur avec une part de 70% si on inclut les professions libérales et l’artisanat. Suivent avec une part moins importante le BTPH et l’industrie.
Il ressort aussi de ce document publié par le ministère de l’Industrie la prédominance, à la fin du premier semestre 2019, de la petite et moyenne entreprise (PME) dans le tissu économique du pays. L’Algérie compte 1 171 945 entreprises de ce type. Elles emploient 2 818 736 salariés et la majorité d’entre elles activent dans les services, l’artisanat et le BTPH, alors que 8,71% sont des PME à caractère industriel.
Par ailleurs, le tissu de PME souffre d’une répartition géographique inégalitaire. En effet, les PME se concentrent au Nord avec une part de 70%. Elles sont moins nombreuses dans les Hauts-Plateaux (22%) et le Sud (8%).
Plus de 56% de ces entreprises sont des personnes morales, le reste des personnes physiques qui exercent essentiellement des professions libérales (21%, 243 759) ou des activités artisanales (23%, 268 369). Ces PME, au nombre de 1 136 787, sont à 97% de très petites entreprises (TPE), c’est-à-dire dont l’effectif ne dépasse pas 9 salariés. Les petites entreprises, dont l’effectif se situe entre 10 et 49 salariés, ne représentent que 2,6%. Les moyennes entreprises, entre 50 et 249 salariés, ne représentent que 0,4% de ce tissu. Les PME publiques représentent une part très faible, 244 seulement sont enregistrées à fin juin 2019.
Concernant l’Ansej, au 30 juin 2019, le bulletin relève que 381 427 projets ont été financés (cumul) pour un nombre d’emplois de 910 927 pour un montant d’investissement global, depuis le lancement du dispositif, de 1 225 milliards de dinars. Les projets financés se concentrent dans les services (42%), en incluant l’artisanat et les professions libérales, les transports (23%). Suivent l’agriculture avec 15%, le BTPH avec 9%, l’industrie 7%. Le nombre d’emplois moyens par micro-entreprise est de 2. L’emploi féminin représente 10% des effectifs de ces entreprises. L’Ansej a accompagné 39 495 entrepreneurs femmes. Le coût moyen de l’emploi est de plus de 3 millions de dinars. Le coût moyen pour la création d’une micro-entreprise Ansej est de 3,2 millions de dinars. K. R.