C’est dans une conjoncture marquée par des tirs croisés à son encontre que le gouvernement de Abdelaziz Djerad boucle sa première année d’exercice. Laquelle a été sanctionnée par un bilan présenté par le Premier ministre sur fond d’un remaniement ministériel qui se dessinait depuis déjà plusieurs semaines et qui a été confirmé jeudi par le président de la République, lors de son discours à la nation.

Ce dernier justifie sa décision de limoger certains ministres pour les piètres résultats qu’ils ont réalisés sur le terrain, provoquant un mécontentement manifeste chez le citoyen. Un désaveu populaire que Abdelmadjid Tebboune avoue partager lui aussi et dont l’opinion publique avait déjà décelé des signes explicites chez le chef de l’Etat au retour de son premier séjour médical en Allemagne, en janvier, lorsque ce dernier avait fait d’un Conseil des ministres une occasion d’établir son propre bilan de la gestion de certains secteurs, n’hésitant plus à dénoncer leur échec et de l’appeler par son nom.
Pour sa part, le chef de l’Exécutif ne manque pas, dans son bilan annuel, de mettre en avant d’emblée la conjoncture spéciale à laquelle ont été confrontés ses ministres dès le lendemain de leur installation. Il s’agit bien de la situation sanitaire exceptionnellement contraignante engendrée par la pandémie de la Covid-19 et de son impact sur les rouages de l’économie nationale et sur le plan de relance 2020-2024 commandé par le chef de l’Etat.
Celui-ci est aujourd’hui très peu visible dans le quotidien des Algériens pour des départements dont les actions sont censées se manifester concrètement sur le terrain. Il est même totalement invisible pour d’autres départements dont l’action s’est limitée à un exercice infini de révision des lois et de mise en place de nouvelles mesures.
C’est ce qu’indique d’ailleurs clairement le gouvernement pour qui «2020 a été une année de mise à niveau du cadre institutionnel et de préparation des conditions de mise en œuvre des réformes déjà en place ou à venir en 2021». Dans ce cadre, est annoncée la fin de mission pour le Conseil national de l’investissement (CNI) et pour l’Agence nationale d’intermédiation et de régulation foncière (Aniref) et Divindus.
Or, la théorie de la législation semble avoir fait oublier aux ministres impliqués dans le plan de relance économique certains dossiers au traitement relevant pourtant de l’urgence en matière d’investissement, de relance ou encore de sauvetage. Ces derniers ont plutôt opté pour des manœuvres inscrites dans la logique des «efforts particuliers évoqués» dans le document du rapport et qui «ont porté sur l’amélioration du cadre institutionnel sous ses différentes formes», souligne-t-on, citant l’adoption de lois, les projets de loi et décrets, la création d’institutions et d’organismes nouveaux ou encore la transformation de ceux déjà existant.
Sauf que si certains dossiers urgents n’ont toujours pas bénéficié d’un règlement, c’est aussi parce qu’ils doivent encore attendre un complément de lois qui n’arrivent toujours pas une année après les prises de fonction par le gouvernement de Djerad. Or, la raison socio-économique et politique aurait voulu que ces dossiers soient réglés sans attendre un nouveau texte juridique sur mesure.
Par ailleurs, frappés de plein fouet par la crise sanitaire, des investisseurs ne perdent pas autant l’espoir de se dégager progressivement de la crise, mais butent sur des réformes de loi qui n’en finissent pas, alors que le gouvernement annonce dans son bilan la «finalisation de la révision du code de l’investissement, qui prévoit la suppression du Conseil national de l’investissement (CNI) et le maintien de l’Agence nationale du développement de l’investissement (ANDI) comme seul interlocuteur de l’investisseur». Les investisseurs se heurtent également au problème du foncier industriel dont un avant-projet a attendu le bouclage de la première année de l’Exécutif Djerad. Il viendra modifier l’Ordonnance n°08 04 et ses textes d’application relatifs aux projets de création de l’Office national du foncier industriel (ONFI) (décret exécutif finalisé), qui a pour objet la création d’un organisme unique à l’issue de la fusion des deux organismes existants (Aniref et Divindus, souligne le même rapport.