Par Bouzid Chalabi
Alors que le virus de la Covid-19 a accéléré sa vitesse de propagation, ces deux dernières semaines, au point où le nombre de cas enregistrés au quotidien est passé du simple au double, dépassant même la barre fatidique de plus de mille personnes affectées, on peut se demander si cela ne résulte pas de l’inconscience et de l’insouciance de citoyens qui, semble-t-il, n’ont pas encore saisi l’intérêt des mesures de confinement sanitaires pour lutter contre la Covid-19.
En témoigne le bilan des infractions relevées par les services de sécurité du 22 mars 2020 au 22 novembre et rendu public par le commissaire et sous-directeur du Centre national de prévention et de sécurité routière, Rachid Ghazali. Ce dernier, qui s’exprimait hier à la Chaîne I sur les ondes de la Radio nationale, a en effet dévoilé que le nombre d’infractions au confinement dépassait 952 000 dont plus de 354 000 ont abouti à des procédures judiciaires. Le sous-directeur a ainsi révélé que 15 212 infractions sont relatives à l’interdiction de rassemblement de plus de deux personnes. Pour le détail du type de ces infractions, 2 016 ont été perpétrés par les transporteurs en commun de voyageurs, 4 228 par des chauffeurs de taxi et 280 par des taxis clandestins, précise l’invité de la radio. Comme il a, en outre, informé que la Direction générale de la Sécurité nationale avait mobilisé toutes les ressources humaines et matérielles pour combattre et limiter la propagation de la pandémie du coronavirus Covid-19. « Notre mission a surtout consisté à nous assurer que toutes les mesures préventives, décidées par les instances supérieures du pays, soient respectées», a-t-il rappelé. Le commissaire a fait savoir également que des éléments des services de sécurité ont accompagné les autorités locales, notamment les directions du commerce de wilaya lors de sortie d’inspection sur le terrain pour se rendre compte si les commerçants se conforment aux mesures barrières de protection contre le risque de contamination.
Ceci dit, et toujours dans ce même registre, il importe de savoir que les services de sécurité devant le non-respect des mesures barrières observé chez certaines personnes privilégient la pédagogie à la sanction, c’est-à-dire de dresser un procès-verbal. En effet, n’a-t-on pas assisté, sur la voie publique et particulièrement là où il y a affluence de personnes, à des scènes où des agents de l’ordre public n’hésitaient pas à interpeller les personnes circulant sans masque et leur intimant de le porter et d’expliquer que le masque les protège. Il y a lieu par ailleurs de souligner que les services de sécurité ne sont pas en mesure d’être partout à la fois pour détecter toute infraction. Autrement dit, il faut admettre que de nombreux cas d’infractions peuvent échapper au quotidien à la vigilance des agents de sécurité. Du coup, c’est aux citoyens de prendre conscience que pour lutter contre l’ennemi invisible l’arme la plus efficace reste avant tout de lui faire barrière dans sa tentative de se propager. En somme, porter un masque de protection, ou bavette, respecter la distanciation physique et surtout éviter le regroupement de personnes. Des règles sanitaires faciles à mettre en exécution et à maintenir, car il nous faut encore nous accommoder à vivre avec cette pandémie dans l’attente de l’arrivée du vaccin, mais pas avant le troisième trimestre 2021. Ce sont là les prévisions les plus optimistes des autorités sanitaires du pays. <