Alors que le compte à rebours a commencé pour le gouvernement actuel qui devrait totalement ou partiellement passer la main à une nouvelle équipe que le président de la République aura à désigner, peut-être à la fin de cette semaine, le Premier ministre prend l’initiative du bilan et publie le résultat de l’activité exécutive depuis janvier 2021. Un inventaire positif et quelque peu en contraste avec le constat établi par le CNESE sur les difficultés de démarrage du plan de relance 2020-2024.

Par Hakim Ould Mohamed
Dans le flou qui caractérise l’avenir de l’actuel gouvernement, en l’absence d’informations sur un éventuel remaniement de l’Exécutif, c’est le Premier ministère qui prend l’initiative et rend public le bilan de l’activité du gouvernement à l’issue des six premiers mois de l’année en cours. L’Exécutif installe ainsi les premières batteries de défense de son bilan, le second depuis la nomination d’Abdelaziz Djerad au Premier ministère. Ses services défendent un bilan positif, au lendemain de la publication, par le Conseil économique, social et environnemental (CNESE) du plan de relance 2020-2024 dans lequel il sonne le tocsin quant à une évolution peu satisfaisante des mesures de relance économiques issues de la Conférence nationale sur le plan de relance. Plus tôt cette semaine, au lendemain de la publication du plan de relance du CNESE, Abdelaziz Djerad a diffusé une publication sur le site web du Premier ministère dans laquelle il a dressé un constat d’une économie algérienne fortement dépendante des prix internationaux des hydrocarbures, non sans reconnaitre une «faible productivité» et des «lourdeurs administratives», des «carences en termes de gestion», et des «difficultés d’accès au financement ou encore l’absence d’une vision intersectorielle de long terme cohérente, pouvant guider et encadrer la mise en œuvre des politiques publiques». Le Premier ministre a lancé un grand pavé dans la mare à la même occasion en reconnaissant la difficulté de mobiliser les ressources financières nécessaires aux projets d’infrastructures et aux entreprises publiques. Les leviers de politique monétaire, mis à contribution courant 2020, voire avant, semblent montrer leurs limites, alors que l’économie et la croissance quêtent d’importants financements que les artifices monétaires peinent à mobiliser.
Au-delà de cette partie de ping-pong, l’Exécutif s’acharne à défendre son bilan, en revenant à la charge avec la publication, hier, des détails de son activité durant les six premiers mois de l’année. Au plan économique, le bilan de l’activité du gouvernement fait part du lancement d’une réforme profonde du système fiscal, l’accélération du recouvrement des taxes et impôts, la généralisation de la télédéclaration, la poursuite du projet de mise en place du système intégré de gestion budgétaire, la facilitation des opérations du commerce extérieur, la promotion des exportations et la rationalisation des importations, le développement de la finance islamique et l’amélioration de la gouvernance des banques publiques et la poursuite du projet de modernisation des infrastructures du marché financier. S’agissant de l’information statistique, le gouvernement défend des actions visant la redynamisation du système statistique national, énumérant, par ailleurs, plusieurs autres actions en matière de promotion du cadre de développement de l’entreprise et «une amélioration substantielle du climat des affaires». Dans la partie dédiée à l’industrie, le gouvernement fait état dans son bilan d’un «développement stratégique des filières industrielles».
Au chapitre de développement des ressources énergétiques et minières, le gouvernement annonce la livraison et le lancement de plusieurs projets dans l’amont et l’aval pétroliers et gaziers. Pour ne citer que ces réalisations, le bilan du gouvernement se veut ainsi un satisfecit sur toute la ligne, à la veille d’un remaniement post-législatives. En effet, au lendemain d’une élection législative qui a remis les partis traditionnels sur le devant de la scène politique, les lectures vont bon train sur les prochains choix du Président de la République, à l’heure où le remaniement de l’Exécutif s’annonce inévitable à même de donner à l’activité officielle une dynamique suffisante pour sortir l’économie de sa léthargie. Certains départements en charge des portefeuilles économiques se sont efforcés d’ailleurs ces derniers jours de reprendre le fil en publiant leurs bilans d’activités, aussi bien garnis que colorés, contrastant clairement avec les alertes lancées par le CNESE. n