300 millions de dollars d’importations de carburants contre 2 milliards de dollars auparavant. La demande croît à un rythme de 5% par an. Ce qui menace le niveau des exportations de Sonatrach à moyen terme. C’est pourquoi le renouvellement des réserves constitue un axe stratégique de la politique de développement de Sonatrach.

Par Khaled Remouche
Sonatrach a profité de la conjoncture mondiale favorable, caractérisée par la reprise de la croissance mondiale et de la demande pétrolière mondiale. En effet, elle a réalisé un niveau d’exportation de 34,5 milliards de dollars en 2021 contre 20 milliards de dollars en 2020, à la faveur d’un prix moyen du baril de pétrole de 60 dollars et d’une augmentation en volume de la production d’hydrocarbures, qui est passée à 185 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2021 contre 176 millions de TEP en 2020. C’est ce qu’a indiqué, hier, Rachid Zerdani,vice-président chargé de la stratégie et de l’économie à Sonatrach, intervenant hier à l’émission «l’Invité de la Rédaction». Elle a réduit de manière substantielle ses importations de carburants qui sont passées à 300 millions de dollars en 2021 contre 2 milliards de dollars auparavant. Quant à la raffinerie d’Augusta, ses résultats en 2021 sont positifs après 5 mois d’activité en 2019 en raison de travaux de maintenance et un recul de la production en raison de la pandémie en 2020. Cela lui a permis de rembourser en 2021 une partie de sa dette, a-t-il affirmé. Sonatrach a réalisé une étude sur la demande et l’offre en produits raffinés sur 25 ans. Et fait ressortir que la raffinerie de Hassi Messaoud et le projet de cracking fuel lui permettront de satisfaire la demande à moyen terme. Elle lancera la réalisation de nouvelles raffineries si le besoin se fait ressentir. Avec la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, Sonatrach a engagé des discussions avec une dizaine de compagnies étrangères couronnées par la signature d’un contrat avec l’italienne portant sur le développement d’une dizaine de découvertes en décembre dernier. Un autre contrat est en voie de finalisation. Les investissements de Sonatrach se maintiennent au niveau de 8 milliards de dollars par an, a-t-il ajouté.

Le premier forage off shore en 2023
Concernant l’off shore, les travaux sismiques sont bien engagés. Le premier forage off shore est programmé en 2023. Il faut rappeler que Sonatrach, avec ses partenaires ENI et Total, opère sur deux périmètres, l’un à l’est, l’autre à l ‘ouest. Au chapitre redéploiement de Sonatrach à I’international, Sonatrach envisage de reprendre ses activités en Libye où elle a réalisé d’intéressantes découvertes de pétrole. Elle a réalisé une découverte au Niger et a engagé des travaux de délinéation pour déterminer son importance. Quant à la pétrochimie, elle est sur le point de lancer notamment une usine de MTBE qui permettra de réduire les importations de carburants. Dans sa stratégie, elle vise la solarisation des gisements d’hydrocarbures pour réduire les émissions de CO2 et produire de l’hydrogène et des biofuels en partenariat notamment avec l’ENI. Elle compte investir 500 millions de dollars pour réduire l’empreinte carbone à moyen terme, a-t-il ajouté.