Si pour le blé dur et l’orge, la production est en nette croissance, flirtant même avec le record, c’est loin d’être le cas pour celle du blé tendre, qui n’arrive toujours pas à décoller et avec des importations qui poussent toujours plus haut.

La campagne moisson-battage 2017/2018 qui vient de s’achever s’est soldée par des résultats assez satisfaisants. Mieux encore, ils se rapprochent de l’année record de 2009, où il a été récolté 62 millions de quintaux (mqtx) toutes catégories de céréales confondues (blé dur et tendre et orge). Le détail de ce volume récolté par espèce et par superficies semées a été présenté par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, lors d’un point de presse organisé hier au siège du ministère. Il a fait remarquer aux médias, présents en nombre, que la récolte de cette année dépasse de 74,4 % celle de la précédente puisqu’elle s’est soldée par un volume supplémentaire de 19 909 570 mqtx. Concernant la répartition par espèce récoltée, le ministre a indiqué que 31 5030530 mqtx de blé dur ont été récoltés contre 19 909 0570 mqtx la campagne précédente, soit une augmentation de 58%. Pour l’orge, il a été récolté 19 540 388 mqtx contre 906 960 9,64 mqtx (100 % d’augmentation). Quant au blé tendre, M. Bouazghi s’est limité à donner le volume récolté, soit 7,9 mqtx. Ce dernier a en outre indiqué que la superficie totale moissonnée s’est élevée à 3 090 504 hectares (ha) contre 2 349733 ha lors de la campagne précédente, soit une hausse de 24%. Toujours sur ce même registre, M. Bouazghi a fait observer que 48% des superficies récoltées sont constituées de blé dur, soit 1 481 491 ha contre 1 0170 141 ha lors de la campagne précédente, en augmentation de 27%. Egalement, 35% des superficies récoltées sont constituées d’orge avec 1 091 867 ha contre 773 063 ha, soit une augmentation de 41,5%. Au sujet du rendement par hectare, il a rapporté qu’il est passé de 15 q/ha en 2016/2017 à 19 q/ha en 2017/2018, non sans faire remarquer que dans certaines exploitations, le rendement a été de 40q/ha. Concernant la valeur de la production des céréales en 2018, Bouazghi a dit qu’elle a été estimée à 220,257 milliards de DA, dont 141,766 milliards de DA de blé dur. Au sujet des moyens humains et matériels mobilisés durant la campagne moisson-battage, le ministre a fait savoir que 100 000 moissonneuses ont été utilisées, dont
1 200 appartenant à l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), et la mise à contribution de 800 camions afin de faciliter l’acheminement de la production à partir des points de collecte vers les silos. Le nombre de points de collecte s’est élevé à 522. Concernant le paiement des agriculteurs, l’OAIC a mobilisé un montant de 120 milliards de dinars. S’agissant de la quantité de céréales collectées par les CCLS auprès des céréaliculteurs, elle atteint, selon le ministre,
27 millions de quintaux, contre 16 181 843 mqtx livrés la campagne écoulée, soit une augmentation de 67%. Toujours à propos de collecte, le blé dur représente 76% du volume global ensilé, soit 190 933 389 mqtx. «Ce volume est nettement supérieur au bilan de collecte enregistré lors de la campagne écoulée qui était de 13 658 199 mqtx, soit une hausse de 46%. Ainsi la collecte des céréales de cette campagne représente également une année record», a expliqué le ministre. Ce dernier a, par ailleurs, présenté l’évolution de la production des pois chiches et lentilles de ces dernières années. Concernant la collecte des pois chiches, elle est passée de 25 600 qtx en 2013 à 79 000 qtx en 2018 et celle des lentilles de 400 quintaux en 2013 à 94 100 quintaux en 2018. Quant aux rendements moyens pour ces deux légumes secs, ils ont atteint 12 qtx /ha durant la campagne 2017/2018 contre 11 q/ha la campagne précédente. Il faut retenir enfin que la bonne récolte céréalière enregistrée cette année est surtout liée à la pluviométrie qui s’est manifestée tout au long de la campagne labours-semailles, et particulièrement lors de la période de fenaison. Mais toujours est-il que le bât blesse en ce qui concerne la production de blé tendre, car pour ce type de culture, la production reste faible. Les 8 millions de quintaux récoltés de blé tendre ne sont en effet guère suffisants, car le pays va continuer d’importer du blé tendre en grande quantité. Ce n’est pas demain la veille que l’on va quitter le rang de troisième grand importateur mondial de blé tendre. Et pourtant c’est là tout l’enjeu, si l’on prend tient compte de ce que représente le financement de nos importations de blé tendre dans la facture globale des importations en besoins alimentaires du pays. <