L’année en cours a enregistré peu de réalisations, à l’exception du lancement du programme de conversion de 150 000 véhicules au GPL, celui de l’appel d’offres pour la commercialisation et l’utilisation de 1 million de lampes LED et de l’appel d’offres de 1000 MW à partir de l’énergie solaire.

Par Khaled Remouche
L’exécution du programme gouvernemental en matière de transition énergétique et de développement des énergies renouvelables accuse, encore une fois, du retard. Pour preuve, l’appel d’offres de 1000 MW qui devait être lancé l’année dernière vient juste de l’être. Le communiqué du ministère de la Transition énergétique indique que l’ouverture des offres techniques aura lieu en avril 2022 et les offres financières interviendront ultérieurement. Ce qui veut dire que les contrats seront signés probablement au second semestre 2022 si tout se passe bien. Les travaux de réalisation des centrales photovoltaïques, à moins d’une accélération des procédures et la mobilisation des financements, seraient lancés en 2023. Résultat des courses, il ne faut pas s’attendre à la production, en 2022, de 1000 MW à partir de l’énergie solaire. Le Directeur général du cluster énergie solaire Boukhalfa Yaici, contacté par Reporters, observe, en outre, qu’en matière d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie, l’année 2021 enregistre peu de réalisations. Exceptions, le lancement, en octobre 2021, du programme de conversion de 150 000 véhicules au GPL, celui du programme de commercialisation et d’utilisation de 1 million de lampes LED. Le programme d’isolation thermique des logements à large échelle est au point mort. Tout comme la généralisation à l’échelle du pays d’équipements électroménagers moins énergivores. On en est à la structuration du département de la Transition énergétique de façon à déployer tous ces programmes d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie détaillés dans le plan d’actions du gouvernement, a-t-il ajouté.
Au chapitre des énergies renouvelables, n’oublions pas que Sonelgaz a affiché ses ambitions en matière de transition énergétique et des énergies renouvelables dans sa stratégie 2035. Elle ambitionne d’être le leader des énergies renouvelables en Algérie avec une part d’un tiers du programme de 15 000 MW à partir d’énergies renouvelables à cette échéance. En ce sens, Sonelgaz compte lancer à court terme un appel d’offres de 500 MW à partir d’énergie solaire. Elle est partie prenante tout comme Sonatrach dans la société Shems, qui participera à la réalisation du programme de 1000 MW/an à partir de l’énergie renouvelable. La compagnie pétrolière nationale, elle, dans sa stratégie 2030, compte produire 1300 MW à cette échéance à partir des énergies renouvelables pour couvrir 80% des besoins en énergie de ses gisements. Première expérience, elle a réalisé, en partenariat avec le groupe italien ENI, une centrale photovoltaïque de 10 MW à Bir Rebaa au Sud-Est. Elle a annoncé, en 2021, la réalisation d’une seconde centrale photovoltaïque de 10 MW avec le même partenaire. L’objectif de ce partenariat est de fournir de l’énergie sans empreinte carbone pour couvrir les besoins en énergie des gisements exploités en partenariat avec le groupe italien.
Enfin, concernant la demande domestique en électricité et gaz, elle reste, en 2021, en forte hausse. Le pic de la demande en électricité au cours de l’été croît chaque année de 1000 MW, obligeant Sonelgaz à consentir de lourds investissements pour augmenter sa capacité de production électrique : 24 000 MW en 2021 et de 1000 MW chaque année. Et cela pour couvrir uniquement quelques jours de pic de la demande en été. Le reste de l’année, l’offre est largement excédentaire par rapport à la demande. Cette demande domestique en électricité en croissance nécessite une augmentation de la demande en gaz naturel pour alimenter les centrales électriques. Sonatrach estime, en ce sens, que les besoins domestiques en énergie à partir du pétrole et du gaz vont passer de 50 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) à 70 millions de TEP en 2024. Ce qui nécessite une croissance de la production de pétrole et de gaz annuellement pour maintenir et augmenter le niveau des exportations. Ce qui veut dire que si l’Algérie ne rationalise pas sa consommation d’électricité, de produits raffinés et de gaz naturel, la croissance de la consommation domestique obligera Sonatrach à réduire ses exportations d’hydrocarbures et cela se fera donc au détriment des revenus en devises tirées des ventes de gaz et de pétrole qui iraient en diminuant. N’oublions pas enfin, qu’en 2021, Sonelgaz a effectué les premières exportations de turbines à gaz produites en Algérie par la compagnie nationale d’électricité et son partenaire américain Général Electric, contribuant à l’objectif national d’exportations hors hydrocarbures à hauteur de 4 à 5 milliards de dollars.