Entre le garder ou le laisser filer, l’AS Monaco a opté pour la première éventualité au terme d’un mercato hivernal où il a longtemps été donné pour transféré. Islam Slimani est resté sur le Rocher sans qu’on ait l’impression que son nouvel entraîneur, Robert Moreno, soit convaincu par son éventuel apport et ses qualités. Après avoir repris les entraînement collectifs lundi dernier, l’Algérien a été mis sur la liste des joueurs concernés par la réception, mardi soir, du SCO Angers . Toutefois, il n’a pas disputé la moindre minute lors de la victoire du team de la Principauté. Un succès étriqué (1/0) et un avenir du «Fennec» qui s’écrit en pointillés. Lecture d’une situation aussi étrange que compliquée.

Les statistiques qui prouvent l’apport (7 réalisations et 8 passes «D»), Slimani les a. On peut donc penser que le fait que son coach ne compte pas sur ses services s’apparente au tort. Arrivé, contre toute attente, chez les Monégasques dans les dernières heures de la fenêtre des transferts estivaux, le Champion d’Afrique était annoncé sur le départ à peine 6 mois plus tard. Leonardo Jardim, qui a insisté pour le faire venir, a été remercié par la direction de son club pour résultats insuffisants. Et cela a compromis l’aventure de l’ex-sociétaire du Sporting Lisbonne en Ligue 1 française. Mais, ce qu’il faut savoir c’est que son statut a commencé à changer bien avant le licenciement de Jardim. Ce dernier même avait pointé le comportement peu exemplaire du longiligne avant-centre sur la pelouse. Un joueur qui rouspète beaucoup, qui conteste les décisions de l’arbitre et répond aux provocations des supporters et joueurs adverses. Les séquelles d’un passage en championnat algérien qui n’ont pas disparu. Et ce, même si cela fait presque 7 ans qu’il est parti rejoindre l’autre bout de la rive. Au Portugal plus précisément.

Bordeaux, le tournant
En tout cas, tout allait bien pour lui avant le 24 novembre et le déplacement à Bordeaux pour y affronter les Girondins.
Il avait commencé par décanter la situation au quart d’heure de jeu sur une offrande de Ben Yedder, avec lequel il avait formé un tandem de feu depuis le début de la saison. Par la suite, il a écopé d’un jaune pour contestation à la 54e minute de jeu puis un autre suite à une main dans la surface (il était dans le mur dressé pour contrer un coup franc adverse). Le penalty accordé aux Bordelais est transformé pour sceller la défaite de l’ASM. Jardim ne digérera pas le comportement de son protégé. Et il le fait savoir publiquement : « tout le monde sait que j’aime beaucoup Slimani parce que c’est un bon garçon mais il doit se contrôler et ne pas s’énerver durant les matchs. Slimani a besoin de concentration.» Après cet épisode fâcheux et les deux matchs de suspensions desquels il a écopé (il s’en est bien sorti parce qu’il avait insulté l’arbitre), « SuperSlim » n’avait plus vraiment la confiance d’un Jardim lui aussi fragilisé. Pour ne rien arranger, le board des « Rouge et Blanc » décide de le virer et ramener un technicien espagnol, Morneo en l’occurrence.

Plus incompatible qu’indésirable
Dès le début, et vu le style de jeu prôné par l’Ibérique, l’avant-centre d’ « El-Khadra » ne semblait pas avoir le profil pour faire partie de l’échiquier. Néanmoins, il a eu droit à 25 minutes de jeu au Parc des Princes contre le Paris Saint-Germain. Et il les a capitalisées. A peine 5 minute sur la pelouse et le natif de Aïn Benian a frappé pour égaliser (3/3). C’était sa 7e réalisation en Ligue 1 Conforama pour 7 passes décisives. Mais ce n’était pas assez parce que son driver ne lui a pas offert plus de minutes dans un 4-3-1-2 avec lequel les caractéristiques du Dz ne sont pas compatibles. Se sentant indésirable, l’ancien du CR Belouizdad a voulu changer d’air lors du mercato d’hiver. Longtemps annoncé du côté de la Premier League, Aston Villa puis Tottenham, il a fini par rester en France. Officiellement « blessé » (c’était un motif diplomatique) pendant deux semaines, il a fini par réintégrer le collectif lundi et être convoqué pour donner la réplique, au stade Louis II. Interrogé sur sa volonté de l’aligner ou pas, Moreno s’était contenté de dire : «Peut-être (sourire). En tout cas je compte sur lui, il est disponible.» Résultat : le 2e meilleur buteur de l’EN est resté sur le banc tout au long de la partie voyant Jovetic, concurrent direct, signer l’unique réalisation de la rencontre. Des signaux qui laissent, inévitablement, croire qu’il devra prendre son mal en patience en attendant un éventuel concours de circonstances.