Lundi soir, à Paris, Lionel Messi a reçu son 7e Ballon d’Or devant Robert Lewandowsi. Pour certains, ce dernier était le mieux indiqué pour être consacré compte tenu du niveau qu’il a pu afficher sur les deux dernières années. Cependant, parler de scandale quant à la distinction du premier nommé serait exagéré. En revanche, on peut penser que ce 7e couronnement de l’Argentin ne soit pas des plus mérités.

Par Mohamed Touileb
Intrinsèquement, Léo est inégalable. À ne pas en douter. Il a pu montrer tout son talent sur la durée dans un sport qu’il a dominé et un football qu’il a su magnifier. Un trophée avec l’Argentine, c’est tout ce qu’il lui manquait. Et il a pu ajouter cette ligne à son gargantuesque palmarès l’été dernier, quelques mois après la mort de Diego Maradona et sur les terres de Pelé. À partir de là, on pensait déjà que le 7e Ballon d’Or lui était destiné.

Discutable mais recevable
La victoire en Copa América avait tout de totémique. Le métal suprême ne pouvait qu’être attiré par un footballeur magnétique à la patte gauche des plus magnifiques. La « Pulga » a montré que son règne s’étend au-delà des statistiques et démontré que son aura est plus forte qu’un insipide compteur numérique. On parle d’un footballeur complet au règne totalitaire. Au palmarès, il est à deux longueurs de Cristiano Ronaldo, son rival éternel et le plus proche des ses pairs. Le Portugais, qui commence à subir le contrecoup de l’âge, a terminé à la 6e place. Loin du podium et du palace dans lequel il a pu se balader lorsqu’il était en état de grâce. Être buteur racé comme Robert Lewandowski (54 réalisations en 45 matchs au moment de la clôture des votes) ne suffit pas pour s’assurer de l’avènement. À l’applaudimètre, aux décibels ou aux suffrages, c’est toujours Messi qui vole la vedette dans ce genre d’évènements. Presque inévitablement. L’emblématique «player maker» du FC Barcelone a le sens et l’essence du jeu. Cela est incontestable. Quand on y ajoute tout ce qu’il dégage, faire de lui le meilleur joueur du monde permanent devient un argument recevable. Même quand la distinction revêt le cachet discutable. Le nouveau sociétaire du Paris Saint-Germain n’est pas un vainqueur qui fait l’unanimité. Toutefois, son triomphe sonne comme une inéluctabilité.

Comme Midas
Objectivement, on ne peut pas penser que ce Graal eut été volé. En revanche, le quintuple soulier d’or n’avait clairement pas besoin d’une pareille «complaisance» pour confirmer qu’il est le plus doué.
En toute honnêteté, ça n’aurait pas été un fiasco si meneur de jeu de l’Albiceleste avait passé son tour pour cette année. Le numéro dix du « Tango » a désormais le syndrome de Midas. Tout ce qu’il touche peut se transformer en or. Le couronnement de cette année pourrait lui causer une sorte de tort.
Tout ce qui en découle comme indignation et contestations risque de fausser les avis pour la prochaine cérémonie. À 34 ans, on pourrait craindre que, comme Midas finalement prisonnier de son propre pouvoir, Messi vient de gagner son ultime Ballon d’Or faisant, probablement, de lui le footballeur ultime.