Le cycle olympique 2017-2021 a expiré. Nombreuses instances sportives en Algérie ont tenu leurs assemblées générales électives. A la Fédération algérienne de football (FAF), les élections ne sont pas toujours inscrites au planning. En effet, Kheireddine Zetchi, patron de la FAF, devrait, selon la réglementation, pouvoir rester en poste jusqu’à juin prochain. Entretemps, il essaie de passer la mise en conformité des statuts de la structure nationale avec ceux de la FIFA. Une manœuvre que le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) bloque. Avec tous les préjudices qui peuvent en découler.

Selon Zetchi, on est dans une impasse. D’après le MJS, l’amendement des statuts peut attendre jusqu’à l’élection de l’homme qui dirigera la FAF pour les 4 prochaines années. Surtout que les indices peuvent laisser croire que le successeur de Mohamed Raouraoua n’a pas les faveurs des décideurs pour enchaîner avec un deuxième mandat.

L’avertissement manifeste de la FIFA
Toutefois, un document émanant de la FIFA et signé du Directeur de la division Associations membres, Véron Mosengo-Omba, conforte l’hypothèse des menaces planant sur l’équipe nationale si jamais la modification des statuts de la FAF n’est pas entérinée. La correspondance, qui porte sur « la finalisation du projet de révision statutaires à la FAF avant les élections », est on ne peut plus claire. Elle mentionne que : « les associations membres de la FIFA sont statutairement tenues de gérer leurs affaires de manière indépendante et sans influence indue de tiers. Tout manquement à ces obligations peut entraîner des sanctions prévues dans les statuts de la FIFA pouvant aller jusqu’à la suspension de la fédération concernée, et ce même si l’influence d’un tiers n’est pas imputable à l’association membre.»
La FIFA avertira que « Compte tenu de ce qui précède, dans l’hypothèse où les nouveaux textes révisés en collaboration avec la FIFA ne seraient pas adoptés avant les prochaines élections de la FAF cette année, nous serions contraints de présenter la situation aux organes compétents de la FIFA pour une prise de décision. Dans ce contexte, nous invitons la FAF à présenter d’ici au 15 février 2021 une feuille de route concrète incluant des étapes comme l’adoption des nouveaux textes et les élections de la FAF.»
Lucidité à saluer
L’ultimatum est déjà dépassé. La FIFA pourrait donc sévir. En tout cas, du côté de la FAF, on essaie de temporiser et ne pas basculer dans la défiance avec la tutelle. Le propriétaire du Paradou AC et l’équipe du Bureau Fédéral ont activé l’article 26.1.2 qui stipule que « les élections de la FAF auront lieu soixante (60) jours après la date de la tenue de l’assemblée générale ordinaire de fin de mandat.» Parallèlement, la note méthodologique du MJS avait défini le 15 avril prochain comme deadline pour réattribuer les postes de présidents des différentes instances sportives du pays. Cependant, du point de vue statutaire, la structure footballistique peut, selon la loi algérienne, attendre jusqu’au 30 juin 2021 pour tenir son assemblée élective. Pour sa dernière déclaration, faite avant-hier en marge de sa visite d’inspection du projet de construction du centre technique régional de football implanté à «Lalla Setti», à ce sujet, Zetchi a calmé le jeu en affirmant qu’«on est en contact avec le MJS, on espère que le sens de responsabilité l’emportera, et on arrivera à amender les statuts lors d’une AGex, je n’irai pas jusqu’à parler de menaces sur l’EN, mais il faut absolument franchir ce cap, pour sortir très vite de cette impasse». Par ailleurs, il a prévenu qu’« on est condamnés à trouver une solution, on va rester positifs et optimistes pour que la solution soit trouvée pour le bien du football algérien». Bien que bousculé et malmené, l’homme d’affaires prône la sagesse et garde une certaine lucidité qu’on devra saluer. Difficile de rester gentleman quand on fait objet d’une cabale médiatique infernale. Sur cet aspect, Zetchi a marqué des points car on est loin de l’attitude de certains qui n’auraient pas hésité à manquer de respect aux institutions. D’autant plus que la FIFA le met en position de force dans ce différend réglementaire.