En dépit des sanctions américaines sur les exportations iraniennes de pétrole, à partir de ce 4 novembre, ainsi que le rythme au ralenti qui s’imprime à l’industrie vénézuélienne d’hydrocarbures, la Banque mondiale prévoit un prix moyen de l’or noir oscillant à seulement 74 dollars le baril en 2019.

On est bien loin des 90 dollars pour la fin de l’année en cours et des 100 dollars pour l’année prochaine, sur lesquels tablaient des analystes et autres experts du marché pétrolier, il y a à peine quatre ou cinq semaines, lorsque le baril avait franchi la barre des 85 dollars, synonyme d’un record par rapport aux prix affichés depuis quatre années.

Certes, les cours ont sensiblement reculé depuis, et le marché s’est retrouvé, à partir de la mi-octobre, embarqué dans une tendance baissière qui a vu le brut perdre jusqu’à 13 dollars dans certaines séances d’échanges. C’est dire à quel point les analyses, et les prévisions qui en résultent, peuvent être remises en cause et s’avérer même contestables, quand bien même ces prévisions peuvent reposer sur des situations géostratégiques ou autres événements à influence inévitable sur le marché.
Dans le cas des sanctions américaines sur le pétrole iranien, les choses sont, en tous les cas, loin d’évoluer comme prévu, et l’approche de la date « fatidique » du 4 novembre semble avoir un effet plutôt contraire sur les prix du brut, ceux-ci étant redescendus bien bas par rapport à il y a quelques jours. Une évolution qui se fait en fonction d’une production visiblement bien plus généreuse que celle que devaient provoquer les 1,5 million de barils iraniens en moins.
A suivre le raisonnement de la Banque mondiale, la tendance ne devrait pas trop changer en 2019, et les prix resteront proches de la moyenne prévue pour 2018, dans un marché qui pourra compter sur une production américaine forte. Mais pas que cela. Des pays de l’Opep, proches alliés des Etats-Unis, ont décidé de doper la leur sans le déclarer officiellement lors des réunions d’évaluation de l’accord entre l’organisation et ses partenaires