Le cheptel ovin algérien a augmenté d’un million de têtes en 2020, selon la sous-directrice chargée du développement des filières animales au ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Il dépasse, aujourd’hui, les 29 millions de têtes, précise Leila Toumi, expliquant les raisons de ce boum par les méventes conséquentes au confinement et aux mesures anti-Covid.
«Le cheptel ovin en Algérie s’est accru en dépassant 29 millions de têtes l’année écoulée, contre 28 millions environ durant les dernières années», a indiqué à l’APS cette responsable. Ajoutant qu’«il y a eu beaucoup moins d’abattage durant l’année précédente par rapport aux années d’avant du fait de la conjoncture sanitaire».
La fermeture des marchés de bétail, l’interdiction des fêtes de mariage, l’évitement des cérémonies de funérailles et la fermeture des restaurants sont parmi les facteurs qui ont contribué à l’accroissement du cheptel ovin, a-t-elle ajouté, signalant également que de nombreuses familles ont renoncé au sacrifice de l’Aïd El Adha.
Paradoxe, la hausse de la taille du cheptel n’a pas profité au consommateur qui continue de payer la viande de mouton à un prix cher, une hausse que le président de la Fédération nationale des éleveurs (FNE), Azaoui Djilali, rapporte au dérèglement du marché de la distribution. «Ce n’est sûrement pas les éleveurs ni même les maquignons qui sont derrière cette hausse des prix», a-t-il assuré à l’APS. Il considère par ailleurs que les maquignons ont toujours été les partenaires des éleveurs les aidant à placer leur bétail sur le marché avec des marges bénéficiaires «raisonnables». Pour ce professionnel de la filière, la régulation des prix de l’ovin, qui représente 60% de la production nationale en viande rouge, plus de 5 millions de quintaux par an, devrait se faire à travers la limitation des intervenants dans la chaîne de commercialisation.
Selon le vice-président de la FNE, Brahim Amrani, la réouverture des marchés de bétail permettra aux éleveurs de remettre sur le marché un produit plus abondant, relevant que la cherté de l’aliment de bétail pose problème, en dépit du soutien de l’Etat aux éleveurs. «L’aliment de bétail se vend à 4 000 dinars le quintal, voire même plus», a-t-il fait constater, ajoutant que l’Etat aide l’éleveur en lui fournissant de l’orge pour l’alimentation de ces bêtes à 1 500 dinars le quintal, mais «les quantités demeurent en dessous des besoins du cheptel». M. Amrani insiste sur l’impératif de développer la production fourragère qui permettrait de minimiser la forte dépendance de la filière à l’orge qui reste un produit cher.