Par Bouzid Chalabi
L’objectif de couvrir les besoins en eau potable issue des stations de dessalement d’eau, à hauteur de 60 % à l’horizon 2030, reste à la portée par la réalisation future de cinq méga-projets, d’une capacité de production de 300 000 m3 d’eau par jour. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Energie et des Mines Mohamed Arkab à partir de la wilaya de Tipasa, où il était samedi dernier en visite de travail en compagnie du ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, Karim Hasni.
Selon Arkab, c’est Algerian Energy Company (AEC), relevant du groupe Sonatrach, qui sera chargée de la réalisation de ces cinq grands projets. Non sans souligner aux médias que «ces cinq méga-projets sont d’une importance stratégique pour le pays». Il a, en outre, fait savoir que le projet implanté dans la wilaya de Tipasa dénommé «Fouka 2» sera mis en exécution à partir de ce mois de mai. Quant aux quatre autres, ils seront implantés tour à tour à Oran, Boumerdès, Béjaïa et, enfin, à El Tarf, dont les chantiers débuteront tout au long du second semestre 2022.
Le ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique a révélé, pour sa part, que la réserve d’eau actuellement disponible «est suffisante pour assurer la sécurité hydrique à l’échelle nationale, grâce notamment aux chutes pluviales importantes enregistrées qui s’ajouteront aux eaux produites par les stations de dessalement d’eau de mer, susceptibles d’assurer un été tranquille». Karim Hasni a, par ailleurs, indiqué à cette même occasion que «l’Algérie a adopté une stratégie pour la réalisation des stations de dessalement d’eau de mer en vue de garantir la production d’eau et ainsi assurer son autonomie vis-à-vis des réserves conventionnelles, c’est-à-dire celle des barrages». Revenant sur le projet des cinq méga-projets, il dira qu’ils vont permettre de porter les capacités de mobilisation des eaux de mer dessalées à 42 % à moyen terme, contre seulement 17% actuellement. «A long terme, l’objectif fixé est d’atteindre un taux de couverture de 60% en eau potable issue du parc national des stations de dessalement par le biais de la concrétisation d’un deuxième programme supplémentaire portant réalisation de six autres stations.»
Il convient de rappeler, à propos du parc national de stations de dessalement, qu’il est doté actuellement de 14 unités opérationnelles. Un nombre qui sera porté à 19 à partir de 2024 en attendant la réception future des cinq méga-projets dont l’apport en eau sera à coup sûr considérable. En somme, d’ici 2030, les besoins des populations en eau potable seront assurés par les stations de dessalement d’eau de mer, notamment, au niveau des villes côtières car c’est dans ces zones que la demande en cette matière vitale est forte au moment où l’offre a fléchi ces dernières années, marquées par un stress hydrique aigu et une pluviométrie quasiment faible sur l’ensemble du pays depuis plus d’une décennie».
C’est d’ailleurs ce qui a poussé les pouvoirs publics à donner la priorité à l’option du dessalement de l’eau de mer car réalisant que c’était là une alternative devenue incontournable. Autrement dit, le dessalement restant la solution appropriée face au stress hydrique que traverse le pays et qui risque de s’installer dans le temps, si l’on croit les conclusions des études menées par les experts en climatologie soutenant que toute l’Afrique du Nord sera soumise à un déficit hydrique des plus coriaces dans les années à venir.