Pour un coup de théâtre, c’en est un. Il aura longtemps donné l’impression d’être intouchable, mais Mustapha Berraf vacille. En effet, il ne devrait plus être président du Comité Olympique algérien (COA). L’ancien patron de la Fédération algérienne de basketball (FABB) aurait décidé de démissionner de son poste mais les membres de son comité exécutif ont rejeté sa requête.

La séquence, qui s’est propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, où il s’est levé dans les gradins pour saluer l’hymne national de l’occupant en Palestine à l’occasion du Grand Slam 2020 de judo (Paris), lui a, vraisemblablement, coûté sa magistrature.

La normalisation plus  fatale que les casseroles

Fort probablement poussé vers la sortie par les Hautes autorités du pays, Berraf, qui dirigeait l’instance morale du sport algérien depuis 2013 après deux premiers mandats (1996 -1998 et 2001-2009), a voulu donner l’impression qu’il part de son propre chef. Toutefois, les événements qui ont précédé cette démarche administrative, laissent légitimement croire à une disgrâce avec l’Etat algérien qui ne tolère aucune forme de normalisation avec son homologue sioniste.

Berraf, qui aurait annoncé la nouvelle au membre de son Comité exécutif cet après-midi, animera une conférence de presse demain matin au siège du COA à Ben Aknoun dans l’optique d’« éclairer l’opinion et apporter les précisions à la famille sportive nationale.» Une entrevue avec la presse dans laquelle il tentera certainement de redorer son image. Dans la tourmente, son divorce avec la structure à la tête de laquelle il avait été réélu en mai 2017 est plus que jamais imminent. Une reconduction pour un nouveau mandat dans un climat de tension et sous la pression du Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), géré par El-Hadi Ould-Ali à l’époque. Ce dernier voulait déjà l’éjecter. Après avoir fait le dos rond malgré toutes les casseroles qu’il a traînées et les dossiers louches dans lesquels son nom figurait, Berraf est en train de rompre.