Depuis 2011, Sonatrach a découvert plusieurs structures de gaz, notamment humide contenant condensat et GPL, dans le bassin de Berkine. Ces ressources sont en voie de développement. Elles pourraient constituer l’une des sources d’approvisionnement de l’Italie en gaz algérien à court et moyen termes.
Le bassin de Berkine va s’affirmer à court et moyen termes comme une nouvelle province gazière, à l’instar de celle du sud-ouest, avec la découverte de ces dernières années de plusieurs structures de gaz à condensat et le constat que cette région recèle de grosses quantités de gaz associé. Ce bassin est réputé, rappelons-le, pour ses richesses pétrolières. Les plus gros gisements de pétrole après Hassi Messaoud ont été découverts dans les années 1990 par Sonatrach et les compagnies étrangères, Hassi Berkine (bloc 404) et Ourhoud. Ils sont en fin de cycle. Le gisement d’El Merk (bloc 208) est de moindre importance. Le contrat de partage de production portant sur 4 milliards de dollars, conclu entre Sonatrach, Oxy, Total et ENI sur la poursuite du développement et l’exploitation des champs de Hasi Berkine et d’El Merk pour une durée de 25 ans, a pour objectif de récupérer plus de 1 milliard de barils équivalent pétrole. En clair, de confirmer par des forages de puits les réserves considérées, aujourd’hui, comme possibles et probables d’huile. Pas seulement. Mais, également, de valoriser les gaz associés contenus dans ces gisements pétroliers et les rendre exportables vers l’Europe. Les communiqués de Total et d’ENI indiquent que c’est une possibilité qui sera étudiée par les partenaires dans le développement des deux gisements. Ce qui veut dire, pour un spécialiste pétrolier, faire de la récupération tertiaire : au lieu de réinjecter ce gaz associé et le récupérer, par l’injection de matières chimiques, notamment de gaz carbonique, pour les faire circuler et les évacuer.
Il faudra investir dans des unités de traitement et rendre ce gaz exportable. Ces gaz associés constituent donc un potentiel qui pourrait offrir des quantités de gaz algérien supplémentaires à l’Europe. Quand ? Dans un délai minimum d’un à deux ans, selon le même spécialiste pétrolier.
D’où proviendront alors les 6 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz à fournir à l’Italie d’ici la fin de l’année et les 9 milliards de mètres cubes/an supplémentaires à partir de 2023-2024 ? Pour Sonatrach, des gisements du bassin de Berkine, des gisements de gaz du sud-ouest Hassi Ba Hammou et Hassi Mouina, d’une capacité de 10,5 millions de barils/jour et d’Isarène, d’une capacité de 10 millions de barils/jour y contribueront. A très court terme, selon un autre expert pétrolier, Sonatrach pourrait jouer sur les minimas et les maximas des contrats de vente et d’achat de gaz algérien avec ses clients européens. Un autre spécialiste pétrolier souligne que l’optimisation de la production des complexes de GNL pourra faire récupérer un minimum de 3 milliards de mètres cubes/an de gaz.