Les 30 finalistes ont été dévoilés vendredi. Qui sera élu Ballon d’Or le 29 novembre prochain ? Quatre profils semblent sortir du lot, dont celui de Karim Benzema qui a marqué des points lors de la Ligue des Nations. Si ce n’est pas lui, ce sera l’un de ces trois-là : Lionel Messi, l’habitué, Robert Lewandowski, qui l’aurait mérité en 2020, ou Jorginho, l’homme de l’été.
POURQUOI KARIM BENZEMA MÉRITE LE BALLON D’OR
Le Ballon d’Or récompense une individualité dans un sport collectif. Voilà pourquoi Karim Benzema est un candidat légitime, voire un favori naturel : plus fort que jamais, l’attaquant français a bouclé sa saison la plus aboutie sur le plan personnel, et a encore mieux débuté la nouvelle. Auteur de 34 buts en 48 matches sur l’année civile, «KB9» a décidé de semer la concurrence en cette première partie d’exercice 2021/2022 qui, on le sait, pourrait influencer quelques votants – demandez donc à Cristiano Ronaldo.
Actuel meilleur passeur et meilleur buteur de Liga (et de loin), le joueur de 33 ans a surnagé avec les Bleus à l’Euro avant d’être décisif – et de quelle manière – en Ligue des Nations. Il a pour lui ce que les autres attaquants candidats n’ont pas : son sens du jeu et du collectif, sa faculté à faire briller les autres. Vinicius au Real Madrid. Kylian Mbappé et Antoine Griezmann en équipe de France. Si le Ballon d’Or doit retrouver un peu de sens, et consacrer le meilleur joueur du monde en considérant son apport pour l’équipe, il doit revenir à Benzema. On peut aussi compter sur le Real Madrid et son lobbying pour que ce soit le cas.
POURQUOI LIONEL MESSI MÉRITE LE BALLON D’OR
La nature a horreur du vide et c’est par élimination que Lionel Messi est le favori. Oui, Jorginho sort d’une saison fabuleuse mais ses accomplissements personnels ne pèseront, malheureusement, pas assez lourd aux yeux des votants. Oui, Karim Benzema est le joueur du moment mais son palmarès en club ou en sélection est sans doute trop léger. Oui, Robert Lewandowski est une machine à buts mais l’échec du Bayern en C1 pèse plus lourd pour lui que pour d’autres.
Face à eux, Lionel Messi ne sort pas de l’année de sa vie. Comme Lewi, il a quitté la Ligue des champions bien trop tôt (8e de finale). Comme Benzema, il n’a rien pu faire pour empêcher l’Atlético de se sacrer en Liga. Mais, comme Jorginho, il a su remporter un trophée international qui va peser lourd dans la balance, cette Copa America après laquelle il courait désespérément. Au moment des comptes, Messi peut s’appuyer sur une année statistique encore ahurissante malgré les soubresauts (45 matches, 37 buts) et sur ce trophée majeur aux airs d’argument de campagne. Ce ne serait pas le Ballon d’Or le plus logique de sa longue collection et de son immense carrière. Mais la logique et le Ballon d’Or sont rarement deux notions complémentaires.
POURQUOI ROBERT LEWANDOWSKI MÉRITE
LE BALLON D’OR
Il aurait déjà dû décrocher la récompense en 2020, si le scrutin n’avait pas été annulé. L’homme de l’année, c’était lui. L’homme de 2021, ça reste Robert Lewandowski. Si le Bayern a été bien moins souverain que l’an passé, le Polonais a continué sur ses bases plus qu’éleveées, qui lui ont permis de battre le vieux record de Gerd Muller en Bundesliga (41 buts en une saison).
La machine Lewi carbure toujours autant. C’est simple : le numéro 9 du Bayern a joué dix matches avec son club, pour 14 buts depuis le début de la saison (+ 3 autres avec la Pologne). Si les résultats collectifs ont été moins ronflants, il est des candidats au Ballon d’Or celui qui a fait montre du plus de régularité au plus haut niveau. On rappellera, d’ailleurs, qu’il était blessé pour la double confrontation face au PSG, qui a scellé le sort munichois en C1.
De janvier à octobre, alors que la liste des 30 a été dévoilée, il n’a jamais levé le pied et planté, planté, planté, toujours et encore. Plus que quiconque. Et porté le Bayern autant que faire se peut. Voter pour lui en 2021 ne serait pas une manière de réparer l’injustice de 2020. L’année écoulée est un argument suffisant.
POURQUOI JORGINHO MÉRITE LE BALLON D’OR
Il a tout gagné. Oui, vraiment tout. En un an top chrono, Jorginho a ajouté à son palmarès : une Ligue des champions, une Supercoupe d’Europe et surtout l’Euro 2020. Plaque tournante de Chelsea et de l’Italie, le milieu de terrain a joué un rôle majeur dans ses conquêtes. Dans l’ombre ? Peut-être, mais Thomas Tuchel et Roberto Mancini ont souvent souligné son importance capitale.
Jorginho a été le chef d’orchestre de la symphonie «blue», d’abord, et celle «azzurra», ensuite. Sans lui à la manœuvre, l’issue aurait-elle été la même ? Il a porté son club et sa sélection au triomphe, avec des performances toujours à la hauteur de l’évènement. Lui a toujours été présent dans les grands rendez-vous, faisant preuve d’une régularité sans faille. Que devait-il faire de plus ? De l’autre côté des Alpes, la campagne est déjà partie. Deux légendes comme Marcello Lippi et Arrigo Sacchi lui ont livré leur soutien. Mancini, lui, «ne comprendrait pas» qu’on ne lui donne pas. Il ne serait probablement pas le seul. <