Les assises nationales du tourisme ont pris fin, hier au Palais des nations, par une série de recommandations, issues des ateliers ayant débattu de l’offre touristique, de la gouvernance des destinations, du management touristique et des enjeux et défis du développement du secteur à l’horizon 2030.
Les assises, a rappelé le ministre, avaient pour objectif de faire le point sur les réalisations du Schéma directeur d’aménagement touristique (Sdat) aux niveaux local et national. Les experts, participant à cette rencontre, ont relevé, en effet, des points positifs, mais également des points négatifs.
Parmi les points positifs, le flux des investissements qui a contribué à renforcer les capacités d’accueil nationales, passant de 60 000 lits en l’an 2000 à 140 000 lits actuellement, en plus de 120 000 lits en cours de réalisation, dont plus de 490 seront réceptionnés entre 2020 et 2022. Les experts ont souligné également l’impact satisfaisant des partenariats public-privé sur la création des postes d’emploi et sur l’émergence de PME. Mais ils ont déploré que le Sdat n’ait pas permis d’encourager une politique de promotion de la destination algérie, d’étude de marché et de marketing qui réponde aux attentes. Ils regrettent également que le système d’observation et la banque d’investissement, prévus dans le cadre du Sdat, n’aient pas été réalisés.
Dans une enquête de proximité effectuée auprès de directeurs locaux, deux contraintes majeures ont été relevées, liées à l’hébergement dont la qualité ne correspond pas encore à la demande et aux prix des prestations de services qui restent élevés. Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud, a reconnu, dans son discours de clôture, que le Sdat renferme des lacunes, dans la promotion, la communication et la commercialisation touristique.
Il a déploré également le peu de coordination entre les différents acteurs pour se soutenir face à la concurrence internationale. «Nous allons établir un plan d’action d’urgence pour combler les lacunes relevées dans le Sdat.
«Nous veillerons également à exploiter toutes les recommandations des assises dans un plan d’action national», affirme-t-il. Parmi ces recommandations, remplacer les zones d’expansion touristiques (ZET) par des destinations territoriales, créer de mécanismes de gestion régionale et locale et revoir les missions de l’Office national du tourisme (ONT) et le rôle commercial de l’Office national du tourisme algérien (Onta). Les professionnels du secteur ont appelé également à réhabiliter le fonds de promotion touristique et concevoir un plan de communication moderne qui rehausserait l’image de la destination Algérie, avec l’activation du plan qualité et la création d’une marque Algérie, déclinée en marques locales. Réamorcer également le projet du Conseil national du tourisme et l’Observatoire national du tourisme et de l’artisanat. Ils jugent nécessaires aussi le lancement d’études de marché de l’offre et de la demande et la mise en place d’un organisme chargé de la gestion des destinations au niveau national et local en incitant les collectivités locales à adopter les démarche marketing territorial et digital. Un plan national marketing figure aussi parmi ces recommandations ainsi que des programmes de formation dédiés au management.
L’actualisation de l’arsenal juridique des secteurs du tourisme et de l’artisanat est souhaitée par les professionnels. Le ministre, à ce propos, estime également nécessaire de revoir et d’actualiser les textes réglementaires, professionnaliser davantage toute la chaîne touristique et encourager davantage la décentralisation. Les experts espèrent la mise en place d’une stratégie de décentralisation en faveur d’une gestion locale et d’une institution nationale supérieure du tourisme chargée de la prospective et de la planification touristique.