Finalement, le P/APC de Beni H’midène, une commune 100% agricole à 15 km de Constantine, n’est plus membre du FLN ni des élus de l’Assemblée populaire communale et non plus premier magistrat de ladite commune. Rabah Djaffar a été rattrapé par les affaires scabreuses qui lui ont été reprochées depuis des années, de son premier ainsi que du second mandat, actuellement. Le désormais ex-P/APC de Beni H’midène a mis le feu aux poudres au sein de sa modeste commune, s’érigeant juge et partie en décidant d’octroyer une parcelle de terrain à une personne de ses proches, « oubliant » au passage que le terrain en question était la propriété d’un autre « sujet », qui ne se laissera pas faire et saisira la justice pour le déni dont il a été victime. Après cassation par le P/APC, le Tribunal de Constantine, en appel, condamnera Rabah Djaffar à 18 mois de prison ferme pour falsification de documents officiels. Ce dernier n’a pas fini de broyer du noir puisqu’il vient aussi d’être condamné en première instance par le Tribunal de Khroub à trois années de prison ferme pour passations de marchés douteuses dans le cadre du transport scolaire et ce lors de son premier mandat. « Les ennuis ne font que commencer pour l’ex-P/APC, nous dira un élu de même obédience FLN. Il est poursuivi pour plusieurs autres affaires où il sera sûrement encore condamné ». Le ministère de l’Intérieur a donc décidé de geler la participation de Rabah Djaffar aux sessions de l’APC de Beni H’midène, tout en lui retirant son écharpe de premier magistrat. L’assemblée populaire communale de Beni H’midène, qui a voulu remplacer l’ex-président, a buté sur un vice de forme, Rabah Djaffar ayant pris part au vote de sa destitution et de son remplacement ! Cela a suffi pour que les membres issus des formations politiques composant la même assemblée ruent dans les brancards. Des formations de HMS, du RND et du FFS, même si le FLN reste toujours majoritaire avec six sièges. Ces mêmes formations politiques avaient boycotté les sessions communales dès le passage de Rabah Djaffar devant la justice et sa condamnation en première instance. Ils ont justifié leur action par une « condamnation inéluctable » du P/APC, vu que les griefs qui lui sont reprochés étaient connus de tous au sein de la modeste commune de la wilaya de Constantine. A rappeler que Beni H’midène, « coincée » entre la commune de Grarem, wilaya de Mila, et Didouche-Mourad, commune de laquelle elle relevait jusqu’en 1984, ne compte que 10 000 âmes. Ce qui ne l’a pas empêché de voir ses P/APC mêlés à plusieurs affaires délictueuses, bien avant l’intronisation de Rabah Djaffar à sa tête. Ce dernier devra donc répondre de ses méfaits et aux membres de l’Assemblée communale de Beni H’midène de remplacer, et de bien remplacer, le maire déchu. Ce qui ne sera pas une mince affaire « vu que les membres du FLN se déchirent, chacun d’eux voulant être vizir à la place du vizir », nous dira encore amusé notre interlocuteur.
H. B.