de Constantine, Hamid Bellagha
Il a fallu une quinzaine de minutes à Abdelkader Bengrina pour disserter et plier bagage à partir de son escale constantinoise. Quinze minutes de promesses clairsemées, comme l’ont été ses moments de… lucidité, puisque le candidat à la présidentielle a eu plusieurs « vides » dans son discours, des « vides » de quelques secondes, où l’on ne savait plus s’il était en panne d’idées ou de… micro. C’est au palais de la culture Malek-Haddad que, finalement, la rencontre avec les militants de Bengrina a eu lieu, ce dernier préférant sûrement cet endroit, loin du centre-ville et des tracas des Hirakistes, car initialement il devait se produire au centre culturel Benbadis, au beau milieu des protestataires. Bengrina n’a aucun doute sur son élection, c’est pourquoi, pour lui, toutes ses promesses seront réelles dès le mois de janvier prochain. Entre-temps, il aura navigué entre Benbadis, Fergani, le MOC et le CSC, et « Aâsab oua Awtar », un feuilleton dont beaucoup de Constantinois sont fiers, mais on n’a jamais su pourquoi. Puis, sentencieusement, le président du parti El Bina affirme à l’assistance la généralisation de la langue arabe (?) tout en s’engageant sur le chemin de la religion, où il annoncera la création d’une structure indépendante qui aura à gérer les fonds de la Zakat (?) et l’indépendance de l’imamat (encore ?). S’agissant du chômage, Abdelkader Bengrina se dit clairvoyant, qu’avec ses huit universités et surtout les 80 000 étudiants qui les fréquentent, la question de l’emploi se pose avec acuité, mais il estimera que « l’investissement doit se faire dans l’humain, c’est pourquoi, il faut s’occuper sérieusement du chômage des universitaires ». Il ne manquera pas, bien sûr, de faire un tour d’actualités et saluera les nombreuses manifestations à travers le territoire national et dénoncera les attaques du Parlement européen contre la souveraineté nationale. «Je suis très content de la prise de conscience et la maturité du peuple algérien qui a su très vite mettre à nu les intentions belliqueuses des parlementaires européens », soulignera-t-il. « Un ciment pour tous les Algériens qui se sont mis d’accord pour dénoncer l’ingérence européenne dans la politique intérieure d’un pays souverain, l’Algérie ». Le « show » de Bengrina ne laissera pas un souvenir indélébile aux nombreux présents, sauf peut-être ses soutiens ramenés d’Alger, avec toute la fanfare qui va avec, où les derboukas et les divers flonflons ont donné à l’assistance plutôt un air de kermesse du vendredi qu’à une production d’un homme politique qui promet de faire sortir de l’ornière dans laquelle s’est engouffré le pays depuis plus de vingt ans. <