Par Sihem Bounabi
Les professionnelles de la santé ont réussi hier leur journée de mobilisation sous la bannière de la Coalition nationale des syndicats de la santé (CNSS). Une victoire d’étape dans leur long combat syndical.
Fortement mobilisés, hier, les professionnels de la sous la bannière de la Coalition nationale des syndicats de la santé (CNSS), regroupant huit syndicats, ont observé des sit-in et des rassemblements au niveau des établissements de santé dans plusieurs wilayas du pays.
Que ce soit à Alger, Oran, Constantine, Annaba, Tissemselit, Béchar, et dans d’autres wilayas, médecins généralistes, infirmiers, sage-femmes, psychologues, biologistes, enseignants paramédicaux et médecins spécialistes ont tous unis leur voix pour scander «Non à la marginalisation», «Pour un système de santé fort et efficace», «Pour un statut digne des professionnels de la santé», «La dignité pour les professionnels de la santé». Ce qui a porté ses fruits puisqu’en fin de journée, le ministre de la Santé a reçu les représentants des syndicats de la Coalition après un bras de fer de plusieurs mois.
Afin de porter haut et fort leur voix, cette journée de protestations a été largement suivie au niveau de plusieurs wilayas, dont les réseaux sociaux ont relayé des images et des directs, marquée à Alger par un sit-in à l’hôpital Nefissa-Hamoud (ex-Parnet), en présence du président du Syndicat national des médecins généralistes de santé publique (SNMGSP), qui fait partie des huit syndicats de la Coalition nationale des syndicats de la santé (CNSS), le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), le Syndicat national des médecins généralistes de santé publique (SNMGSP), le Syndicat national des professeurs de l’enseignement paramédical (SNPEP), le Syndicat autonome des biologistes de la santé publique (SABSP), le Syndicat des infirmiers algériens (SIA), le Syndicat autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique (SNAAMARSP), le Syndicat autonome des sages-femmes algériennes de santé publique (SNASFASP), le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy).
Selon le coordinateur de la CNSS, Salah Laouar Abdelhamid, et président du SNMGSP, «c’est une journée de protestations pour porter à l’opinion publique et aux pouvoirs publics les revendications légitimes des professionnels de la santé». Ajoutant qu’«il s’agit d’attirer l’attention du Président de la République, des pouvoirs publics et l’opinion publique sur les problèmes que vit le secteur et aussi porter notre voix au Président de la République et lui crier notre ras-le-bol que nos problèmes ne soient pas pris en charge et que les décisions ne soient pas appliquées». Indiquant, «on demande des réformes profondes et des solutions radicales, des conditions matérielles et humaines, le respect, que ce soit de la part de la tutelle ou des responsables des structures, afin que les professionnels de la santé puissent accomplir leur mission en toute sérénité».
Le Dr Mohamed Yousfi, président du SNPSSP, souligne à propos de cette journée que «c’est le moment d’être solidaire sachant que l’on est tous dans le même bain. Et surtout en ce qui concerne la marginalisation des corps de la santé. La situation a empiré encore plus ces deux dernières années». Il ajoute : «On se retrouve étranger dans notre propre ministère, surtout dans un contexte où tout le monde est sur le pied de guerre à cause de la pandémie. La preuve, on avait mis toutes nos revendications de côté pour faire notre devoir, mais cela ne veut pas dire que l’on doit complètement nous occulter, surtout dans un contexte où le Président de la République et les pouvoirs publics donnent une priorité absolue au secteur de la santé». En estimant que «normalement, c’est maintenant que les problèmes des professionnels de la santé doivent être réglés. Normalement c’est maintenant que le ministre de la Santé, qui est dans une situation favorable et à l’aise, devrait agir pour régler ces problèmes, car son département et ses troupes sont au front».
Pour sa part, le vice-président du Syndicat national des infirmer, Boualem Goumetre, souligne que cette journée de protestation a été une réussite à 100% et de bons échos de la plupart des bureaux de wilaya.
Il explique que «le but d’avoir rejoint la coalition est d’avoir un élan de solidarité entre tous les professionnels de la santé parce que nous partageons les mêmes problèmes, que l’on soit infirmer ou médecin spécialiste ou sage-femme ou psychologue. C’est la marginalisation du ministère de la Santé». Il enchaîne que «cette coalition, c’est pour que notre voix soit écoutée par le ministère, car on s’est sentis étrangers au sein de notre propre tutelle, bien que l’on représente la majorité des professionnels de la santé». Il s’insurge contre cette marginalisation en soulignant que «le Président de la République a donné des instructions pour associer les partenaires sociaux, mais cela n’a pas été fait sur le terrain».
Dans la plateforme des revendications de la CNSS, les professionnels de la santé réclament l’accélération de la révision des statuts particuliers des différents corps de la santé, des régimes indemnitaires y afférents, une augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail. La CNSS appelle aussi, dans le cadre du dossier Covid, à la mise en place des mesures annoncées et accordées par le Président de la République au profit des travailleurs de la santé, à l’instar de l’application de la bonification de l’âge de départ à la retraite en fonction des années travaillées dans la Covid-19 et du capital décès au profit des travailleurs décédés dans l’exercice de leur fonction.
La coalition de la santé a également appelé à une application de la loi sanitaire, de la carte sanitaire et la mise en place des réformes de la santé adoptées par le Conseil des ministres au mois de mai dernier.