Si l’échéance de l’acquisition du vaccin contre la Covid-19 continue de susciter moult interrogations, notamment au vu des déclarations contradictoires les unes des autres, la disponibilité de l’argent public pour faire face au coût de ce produit tant attendu semble être tranchée à se fier au ministre des Finances, Aymen Benabderahmane.
«La santé du citoyen étant au-dessus de toutes considérations, l’argent pour payer l’achat du vaccin est disponible», a rassuré le ministre, dans une déclaration qui succède à celles, nombreuses, qui ont dérouté plus d’un, aussi bien à propos de la gratuité ou pas du produit qu’au sujet de l’échéance de sa disponibilité en Algérie.
L’annonce du ministre des Finances est de nature à rassurer au vu des incompréhensions qui ont marqué le contexte sanitaire sur plus d’un sujet. Une situation qui serait expliquée par la multiplication des voix officielles, entre celle du ministère de la Santé, du comité scientifique chargé du suivi de la pandémie et encore de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), qui s’expriment davantage à mesure que les grands laboratoires annoncent des dates pour la validation de leurs recherches avant de passer à l’étape de la commercialisation du vaccin.
Mais au-delà de cette incompréhension autour du vaccin, on est cependant certains que les autorités ainsi que les établissements de santé sont de plus en plus à l’heure du vaccin, bien que des responsables, à différentes échelles, ne cessent de dire que l’Algérie privilégie une démarche prudentielle.
«La sécurité sanitaire passe avant tout et l’Algérie n’achètera qu’un vaccin qui soit efficace, qui aura obtenu l’homologation de l’OMS ainsi que l’autorisation de sa mise sur le marché. Il faut aussi qu’il soit administré dans le pays où il est fabriqué», a-t-on soutenu depuis que la question du vaccin est à l’ordre du jour.
Jeudi, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a déclaré que l’Etat «est déterminé à acquérir le vaccin contre la Covid-19 pour protéger les citoyens, quel que soit son prix». Il a précisé, par la même occasion, que l’Algérie a intégré le groupe Covax, qui compte 170 pays, pour garantir une protection à travers l’utilisation du vaccin que recherchent actuellement quelque 200 laboratoires à travers le monde, dont 8 à 10 sont à des stades avancés dans leurs tests cliniques.
Le message d’assurance financière livré depuis hier par M. Benabderahmane succède également à l’ingénierie mise en place, notamment à travers les deux «Task-Force» installées par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, en prévision de l’acquisition du vaccin anti-Covid. Le chef de l’Exécutif a évoqué, par la même occasion, la nécessité de mettre en place un dispositif opérationnel en charge de la préparation de tous les aspects logistiques liés à l’opération d’importation du vaccin ainsi que son stockage et sa distribution.
C’est ainsi qu’il a été décidé la mise en place de deux Task Force. La première d’ordre sanitaire, présidée par le ministre de la Santé, a pour mission de «proposer la stratégie d’acquisition du vaccin, le plan de vaccination à mettre en œuvre ainsi que la préparation du personnel appelé à être mobilisé dans la campagne de vaccination». La seconde, sous la direction du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, sera en charge de «préparer l’organisation de la logistique nécessaire au transport, au stockage et à la distribution du vaccin». <