Cet homme est plus qu’un sélectionneur. Un meneur d’hommes. Un vrai. Et quand ont dit «hommes», il ne s’agit pas exclusivement de ses joueurs tant l’emprise de Djamel Belmadi dépasse le cadre purement sportif. A lui seul, il peut déminer les contextes à priori explosifs. Beaucoup craignaient le dérapage des supporters lors d’Algérie – Colombie abrité par la ville de Lille.
Quelques mots du coach des «Verts» ont suffi pour responsabiliser les foules et dissuader les inconditionnels des «Fennecs» de faire les fous. «Le devoir de nos supporters est de nous soutenir et surtout de passer un bon moment. Il y aura beaucoup de familles. On veut que ce soit une fête, une belle réunion. Quelque chose me dit que tout va se passer correctement et qu’il n’y aura pas de soucis », avait prédit Belmadi. Le risque d’envahissement de terrain était présent. C’était même une hantise et une préoccupation. C’était l’autre match dans le match qu’il fallait gagner afin de laisser une bonne impression. «C’était super. Il y avait une très belle ambiance, une superbe atmosphère. On s’est senti à la maison dans un stade acquis à notre cause. C’était magnifique. C’est ce que l’on espérait. Il n’y a rien à redire. À part un petit incident à la fin avec ces deux hommes qui avaient décidé de gâcher cette fête (dans le temps additionnel en faisant intrusion sur la pelouse). Mais sinon, c’était incroyable», s’est réjoui le driver d’ «El-Khadra» qui aura réussi à faire passer le message et sublimer le comportement des
35 milles Dz ayant fait le déplacement.
Plus que le succès 3 buts à 0, la symbolique restera l’attitude dans les travées où rien ne s’est déroulé de travers. Sur le sol français, notre communauté est restée loin de tout ce qui est provocations et flagorneries. La bonne conduite devrait permettre l’organisation d’autres rencontres au pays de Napoléon dans l’avenir :
«d’une certaine manière, c’était un test pour savoir si les choses se passaient bien. C’est malheureux à dire, mais il fallait montrer patte blanche. Certaines villes nous ont refusé de disputer ces matches-là.
À tort ou à raison. Le débat n’est pas là. Mais jouer à Nice, Marseille, Paris, ce serait désormais à reproduire», indiquera Belmadi qui peut légitimement se vanter d’avoir transmis exemplarité et maturité aux enfants de son pays. Mêmes les plus turbulents.M.T.