Lors de la CAN-2021, on n’a pas pu voir l’équipe nationale à son niveau habituel. Que ce soit sur le plan technique ou celui tactique, les «Verts» n’ont pas pu répondre présents et Djamel Belmadi n’a pas pu trouver les solutions. Ce manque d’inspiration du coach a peut-être une explication quand on considère certains évènements dans l’entourage de la sélection ont empoisonné l’environnement.

Par Mohamed Touileb
A vrai dire, tout se passait bien. Jusqu’au déclenchement de la cabale contre Kheireddine Zetchi, ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF). À compter de ce moment, Djamel Belmadi devait se passer d’un précieux collaborateur avec lequel il avait une compatibilité certaine et productive.
Avec Zetchi,
c’était fluide
Le coach des «Verts» a été contraint de porter plusieurs casquettes. En effet, il passera de «simple» entraîneur à un homme qui est consulté pour décider de qui sera le prochain patron de la FAF. D’ailleurs, on peut même rappeler cette réception par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, fin mars 2021.
Belmadi ne cautionnait pas le sort réservé à Zetchi. Les Autorités, craignant qu’il décide de s’en aller, voulaient lui présenter certaines garanties. Pour cela, des candidats avec lesquels il ne souhaitait pas travailler ont été écartés. C’est pour cette raison que Walid Sadi et Anthar Yahia n’ont pas pu être parachutés au sommet de l’instance même si leurs noms avaient circulé avec insistance.
Dès lors, Belmadi commençait à changer de comportement. Et, en conséquence, cela s’est prolongé à son équipe. La greffe de Charaf-Eddine Amara, pour qui il a donné son aval, ne convenait pas trop au chef de la barre technique d’«El-Khadra». Et comme il ne pouvait pas construire une proximité avec le nouveau boss de la structure, il a consolidé les liens avec les personnes qui étaient là durant l’ère Zetchi.

Pas d’implosion mais des tensions
Inévitablement, on pense à Amine Labdi, Manager Général décrié de l’EN. Ainsi, afin de tenir son groupe à l’abri, Belmadi a, au fil du temps, centralisé toutes les décisions. Très peu apprécié par les joueurs, Labdi ne fait pas plus qu’exécuter ce que l’entraîneur lui demande en plus de se permettre des dérapages inutiles qui accentuent les tensions (sortie médiatique après le match annulé face à la Gambie, accusation contre l’arbitrage, prise de parole ridicule sur le record d’invincibilité…). Cela veut concrètement dire que l’ancien driver d’Al-Duhail SC fait un double travail et pense à plusieurs choses à la fois plutôt que se consacrer exclusivement aux aspects techniques et tactiques.
Sinon, comment expliquer qu’il n’ait pas eu la lucidité de voir que Riyad Mahrez & cie ne présentaient pas les mêmes garanties footballistiques ? Surtout depuis la date FIFA de septembre et le début des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Ce dépassement de fonction de Belmadi a précipité le dysfonctionnement. Le clivage est là.
Et il a pour résultat cette invraisemblable débâcle africaine. Il n’est pas normal qu’une équipe qui a affiché une constante longue de plus de trois ans déjoue à ce point.
Belmadi a tout fait pour éviter l’implosion jusqu’à risquer de débarquer à la CAN-2021 sans un véritable plan d’action. Le constat est tout aussi amer qu’affligeant.