Nommé le 2 janvier au poste de ministre de la Communication, Ammar Belhimer, par ailleurs porte-parole du gouvernement Djerad, a annoncé samedi « une réflexion globale » du secteur des médias dans ce qui peut représenter d’ores et déjà le premier chantier dans un secteur en besoins criants d’organisation.

«Nous allons introduire une réforme totale et structurelle de la presse. Des ateliers seront lancés prochainement dans le cadre des consultations autour de la nouvelle Constitution pour l’édification d’une nouvelle République », a indiqué le ministre à l’occasion de la visite qu’il a effectuée dans les locaux de la maison de la presse Tahar-Djaout.
« Ces réformes, qui s’inscrivent dans le cadre des engagements du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, seront axées sur l’indépendance et la liberté de la presse dans le cadre du respect de la vie privée, de l’éthique, de la déontologie et du rejet de l’injure et de la diffamation », a fait savoir M. Belhimer. Affirmant que « la liberté et la responsabilité sont étroitement liées pour garantir une pratique paisible des libertés », le ministre de la Communication a précisé que les chantiers en question «obéiront au principe du dialogue qui sera participatif et inclusif».
M. Belhimer a précisé, par la même occasion, qu’il ne s’agira pas d’un «dialogue qui dépend de rendez-vous politiques ou officiels, mais d’un dialogue continu et cumulable qui apporte une valeur ajoutée» et qui est «une déclinaison sectorielle du grand débat qui aura lieu autour de la révision constitutionnelle». «Tout cela, pour préserver une liberté de presse responsable ainsi que le multipartisme dans une société démocratique dans une Algérie souveraine», a-t-il fait savoir. M. Belhimer a noté que ces chantiers coïncideront avec l’initiation d’un dialogue national dans le cadre de l’amendement de la Constitution qui donnera lieu à de nouvelles lois devant consacrer la pratique démocratique, dont les lois relatives au régime électoral, aux partis politiques, aux associations et à la presse ».
Il a affirmé, dans ce sens, que les «professionnels du secteur de la communication ont une responsabilité particulière en matière de contribution efficace à la consécration des libertés dans un domaine vital, levier d’autres secteurs », estimant que «libérer la pratique journalistique de toute forme de censure et de monopole garantira les conditions propices à un exercice libre et responsable de la profession journalistique ».
Ne se détachant pas du contexte politique, M. Belhimer a indiqué que par «l’élection présidentielle du 12 décembre, ce sont 20% des revendications du Hirak populaire qui ont été satisfaites et, par ces ateliers, qui seront lancés dans le cadre de la révision de la Constitution, nous pensons atteindre 80%». Et d’ajouter que « les 20% restants, ce sera aux partis politiques et à la société civile d’y répondre».
Estimant que « la rupture avec le système totalitaire, qui perdure, est proche », le ministre de la Communication a soutenu que « c’est pour préserver la nation que le Hirak a investi la rue et que sans lui, le pays serait peut-être effondré à l’heure qu’il est ». C’est la raison pour laquelle, il jugera que « sa protection doit constituer une mission nationale ».
Toujours au sujet du mouvement populaire, il a relevé que le Hirak a exprimé des revendications légitimes et majeures avec comme revendication principale, la « restitution de la souveraineté au peuple», soulignant que le pays « a traversé une situation cataclysmique ».
Concernant les médias audiovisuels et électroniques, M. Belhimer a insisté sur l’impérative « adaptation de la loi aux exigences de ce métier, qui connaît un développement rapide afin qu’il soit au diapason de cette évolution aux plans législatif et professionnel ».