La diaspora sahraouie de Belgique a organisé, jeudi, un rassemblement de protestation au port de Gand (nord-ouest de Bruxelles), où le navire Key Bay a accosté après avoir déchargé au port de Fécamp (France) une partie de sa cargaison d’huile de poisson importée « illégalement » du Sahara occidental occupé.

Les manifestants ont condamné la violation flagrante du droit européen et du droit international commise en premier lieu par les autorités marocaines et par ce navire dont « la cargaison d’huile de poisson a été chargée au port de Laâyoun et ne dispose, pour cela, d’aucun document valide délivré par les autorités sahraouies, seules compétentes pour le commerce de biens en provenance du Sahara occidental », selon le représentant du Front Polisario en Belgique, Djamel Zakari.
Ce dernier indique avoir remis une « lettre de protestation au personnel du navire Key Bay avec lequel nous avons eu une discussion constructive pour protester contre le transport de cette cargaison d’huile de poisson importée illégalement du Sahara occidental », a-t-il fait savoir. Cependant, aucune plainte n’a été déposée en Belgique contre ce navire après une escale, samedi 14 janvier, à Las Palmas de Gran Canaria, en Espagne, et vendredi dernier à Fécamp (Normandie), en France, où il aurait déchargé la totalité de sa cargaison. « Les autorités portuaires en Belgique ont confirmé que le navire ne transportait aucune cargaison à son arrivée au port de Gand, d’où l’abandon de la plainte », a expliqué Djamel Zakari. Rappelant que le verdict de la Cour de justice de l’UE (CJUE) datant du 21 décembre dernier exclut définitivement le territoire du Sahara occidental du champ d’application des accords d’association et de libéralisation conclus entre l’UE et le Maroc. Djamel Zakari a affirmé que le Front Polisario appelle les autorités douanières du port de Gand à « examiner minutieusement » l’origine et la documentation des marchandises à bord du Key Bay. Pour rappel, le Front Polisario a déjà porté plainte auprès de la Direction interrégionale des Douanes de Rouen (France) et auprès du procureur de la République du Havre pour « discrimination économique et fraude à l’origine ».
M. K.