Amendement de la Constitution, règles du confinement et aides de l’Etat seront les sujets phares de la conférence de presse, organisée hier au siège de la Présidence par le porte-parole de la Présidence, Belaïd Mohand Oussaïd.

Ce dernier rappellera que la présentation de l’avant-projet d’amendement constitutionnel «est venue en réponse à l’insistance répétée de certains acteurs politiques et représentants de la société civile», et appellera à éviter toute fausse interprétation sur le timing. Le porte-parole de la Présidence affirmera que le seul but de la présentation de ce projet était de «mettre à profit la période de confinement pour prendre connaissance des modifications proposées et les débattre sereinement via les divers médias ou en visioconférence». «L’objectif est que l’Algérie ait une Constitution consensuelle la préservant de l’autoritarisme et des crises à chaque dysfonctionnement à la tête du pouvoir», a assuré Mohand Oussaïd. Il soulignera à ce propos que cette démarche «s’inscrit dans le cadre des revendications populaires pour un changement radical des pratiques de gouvernance à tous les niveaux et la restauration de l’autorité de l’Etat à travers la moralisation de la vie publique, la lutte contre la corruption et la prévalence de la compétence sur l’allégeance».
Le porte-parole insistera sur la nécessité pour les Algériens de respecter les règles du confinement pour venir à bout de la pandémie de Coronavirus estimant que «tout manquement en la matière réduira à néant les efforts de l’Etat» dans la lutte contre la pandémie. «Notre pays enregistre une évolution stable» comme le montrent les statistiques quotidiennes qui révèlent un recul du nombre d’infections et une hausse du nombre de guérisons. Après avoir rappelé le prolongement du confinement de 15 jours supplémentaires, Belaïd dira que la responsabilité du citoyen était «essentielle». L’Algérie «était en passe de sortir de la zone de danger avant la levée partielle du confinement», mais la précipitation des citoyens et le rush enregistré au lendemain de cette décision ont contraint les autorités à durcir à nouveau les mesures de confinement. «Nous vivons une situation inédite qui exige davantage d’efforts de la part des citoyens afin d’en sortir au plus vite», soulignera-t-il, ajoutant que ceux qui ne respectent pas les consignes «sont responsables de l’aggravation de la pandémie et du retard de la dynamique de développement économique».
Sur un autre registre, Belaïd Mohand Oussaïd affirmera que la restitution des fonds détournés, comme promis par le Président, se fera une fois les jugements à l’encontre des accusés rendus. «Des mécanismes de restitution de ces fonds pourront, alors, être déclenchés», précisant toutefois, que cette opération «est soumise à des procédures internationales complexes». Concernant le projet de Loi de finances complémentaire 2020 qui prévoit un prix référentiel du baril de pétrole à 30 dollars contre 50 dans la loi de finances initiale, Belaïd fera état d’«une étude prenant en compte toutes paramètres» assurant que la réduction des dépenses de fonctionnement à 50% était «une décision étudiée et non aléatoire, notamment au regard de la situation que traverse le pays». S’agissant du financement des décisions de l’Etat qui auront un impact sur son budget, Belaïd a précisé que ce financement sera possible à travers «une réorganisation des dépenses». Il évoquera, dans ce sens, «une réorganisation interne avec maintien des salaires et pensions ainsi que tous les acquis sociaux et grands projets dans les secteurs stratégiques».

Affaire Sonatrach au Liban : «un dossier libano-libanais»
Le porte-parole de la présidence fera savoir en outre que le nombre total des personnes inscrites pour bénéficier de l’allocation de 10 000 DA a atteint 300 000 personnes, relevant que cette allocation sera versée avant l’Aïd El Fitr. Il indiquera que «700 000 familles, dont 74% dans les zones d’ombre, ont bénéficié de près de 22 000 tonnes de denrées alimentaires et des quantités considérables de produits détergents et des équipements médicaux». Il rappellera, dans ce sens que «2 200 000 citoyens ont bénéficié de l’allocation de 10 000 DA, au titre du couffin du Ramadhan, laquelle a été versée la veille du mois béni». Il révèlera que la valeur des dons consacrés à la lutte contre la pandémie a atteint 3 milliards de dinars. «Ces fonds seront distribués à leurs véritables destinataires et les personnes touchées par la pandémie, en fonction de critères transparents fixés par une commission présidée par le Premier ministre et constituée des représentants du Croissant-Rouge et de la société civile». Concernant l’affaire relative à la transaction commerciale d’une filiale de Sonatrach au Liban, il dira que c’est un «dossier libano-libanais» faisant savoir, à ce propos, que «le Président de la République a instruit le ministre de la Justice d’ouvrir une enquête sur cette affaire». En réponse à une question concernant les arrestations que subissent certains activistes, il rappellera qu’il y a une «forte volonté politique à appliquer la loi contre quiconque exploite les réseaux sociaux pour offenser les personnes et semer la fitna». «Ces personnes ont affaire à la loi et seule la justice est habilitée à trancher leurs dossiers conformément au code de procédures pénales, adopté récemment par le Parlement», indiquera-t-il. Belaïd avertira que «quiconque transgresse la loi aura à faire à la Justice», précisant toutefois que «l’Etat veillera à rendre justice à toute personne accusée à tort».<