PAR Milina Kouaci
Abdelhakim Belabed a pris ses fonctions, jeudi, à la tête du ministère de l’Education nationale en remplacement de Mohamed Ouadjaout à l’issue de l’annonce de la nouvelle formation du Gouvernement. L’ancien Secrétaire général du ministère sous Nouria Benghabrit et ministre de l’Education d’avril 2019 à janvier 2020 revient au secteur dans la peau d’un «optimiste», selon ses dires.
Dans le paysage syndical, on ne nourrit pas d’appréhension particulière à son égard et on met davantage en évidence le fait que le successeur de Ouadjaout est un parfait connaisseur du secteur, compte tenu des longues années en tant que Secrétaire général du ministère. «Il est au courant de tous les problèmes auxquels font face les professionnels du secteur. Ceci d’autant que ce dernier était pendant des années Secrétaire général au ministère et même directeur des ressources humaines», selon des syndicats du secteur qui disent «n’avoir rien à apprendre à Belabed car il est connaisseur du secteur».
«Belabed est un connaisseur des dossiers du secteur, ce qui implique la résolution en urgence de toutes les revendications en suspens», estime Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef). Il citera en particulier la revalorisation du point indiciaire, la protection du pouvoir d’achat, la révision des programmes, le statut particulier des travailleurs de l’éducation, la surcharge des classes, ainsi que les réformes du système éducatif. «Cela fait des années qu’on soulève ces problèmes avec l’ancienne tutelle sans que la situation n’avance», ajoute le syndicaliste. La formation syndicale n’éloigne pas la possibilité de renouer avec l’action syndicale, car les mêmes problèmes de fond, soulevés depuis toujours, perdurent. «Nous avons clôturé l’année scolaire sur fond de colère et de protestation pour des raisons que la tutelle connaît. Si M. Belabed ne trouve pas de solutions concrètes pendant les vacances d’été, la rentrée scolaire risque d’être perturbée», avertit M. Zegar. D’ailleurs, neuf organisations syndicales ont menacé de recourir à la protestation si les revendications soulevées ne connaissaient pas une évolution, notamment celles, liées à la protection du pouvoir d’achat.
Cependant, le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), Zoubir Rouina, estime que dans le cas où la «volonté politique manque et que le gouvernement ne mette pas à la disposition du premier responsable du secteur les moyens lui permettant de remédier aux dysfonctionnements de son secteur, rien ne changera à la situation du MEN et à ses travailleurs». «Le problème est plus profond que la désignation d’une personne définie», dit M. Rouina. Comme toute fonction, il y a des critères qui s’imposent pour désigner quelconque dans un poste de travail. Si cette personne est compétente, mais ne dispose pas d’une marge de manœuvre, elle ne pourra pas servir le secteur ou régler ses problèmes», explique le secrétaire général du CLA. Il ajoute : «Le manque de volonté politique ne nous aidera pas à sortir du cercle vicieux», plaidant pour la mise à disposition du ministre les moyens nécessaires pour la relance du secteur et pour une école de qualité.
L’Organisation nationale des parents d’élèves a, pour sa part, appris avec «satisfaction la désignation de M. Belabed, un connaisseur du secteur en tant que ministre de tutelle», indique-t-elle dans un communiqué. Lorsque il a succédé à Benghebrit en 2019, «le secteur a connu une stabilité et il n’a ménagé aucun effort pour servir l’Ecole algérienne notamment», ajoute la même source qui qualifie de «judicieuse» la décision de sa nomination à nouveau dans le secteur. L’ONPE exprime enfin sa «prédisposition» à travailler avec le nouveau ministre qui a fait part de sa volonté à travailler avec son partenaire social pour le bien de l’Ecole algérienne. n