PAR NAZIM B.
Pendante depuis plusieurs années et aussi sujet de discorde entre les organisations syndicales du secteur et la tutelle, la question des statuts particuliers des personnels de l’Education nationale pourrait connaître son épilogue prochainement. Du moins si l’offre de dialogue du ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed envers les syndicats débouche sur des solutions en phase avec leurs revendications.
Le ministre a annoncé, dans cette finalité, une rencontre «pour bientôt» avec les syndicats de l’Education nationale qui sera consacrée au dossier du statut particulier des personnels, soulignant que ce dossier est «décisif» pour améliorer la situation professionnelle des travailleurs du secteur. Pour lui, «l’amélioration de la situation sociale de l’enseignant est la plus importante préoccupation du secteur que nous œuvrons à promouvoir», affirmant que «tous les dossiers qui seront soulevés par les syndicats du secteur seront traités».
Cette nouvelle offre de dialogue de Belabed intervient, faut-il le souligner, au moment où les organisations syndicales du secteur ne cachent plus leurs intentions d’enclencher des mouvements de grève dans les prochaines semaines. Parmi ces organisations, l’Union nationale des travailleurs de l’éducation et de la formation (Unpef) qui compte débrayer pour réclamer «la prise en charge de revendications qui peinent à trouver des échos favorables sur le terrain». C’est ce que l’organisation souligne dans un communiqué, reprochant aux responsables du ministère de l’Education une attitude qui «éloigne» le secteur de toute solution aux problèmes socio-pédagogiques des travailleurs. «Depuis plusieurs mois, nous ne faisons que mettre en garde contre la situation sociale et les conditions de travail. Il n’y a que des «engagements concrets» qui seront en mesure d’apaiser la colère des travailleurs. La baisse vertigineuse du pouvoir d’achat exige de trouver des solutions en urgence, en attendant de promulguer un nouveau statut des travailleurs du secteur», a indiqué Sadek Dziri de l’Unpef. Ce dernier a appelé à l’application immédiate du décret présidentiel 14/266 266 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires ainsi que l’ouverture des postes budgétaires pour lever la pression sur les enseignants, notamment dans les cycles moyen et secondaire.
Pour sa part, l’Intersyndicale de l’Education a brandi, la semaine passée, la menace de recourir à des actions de protestation compte tenu de la conjoncture exceptionnelle dans laquelle intervient la rentrée scolaire, marquée par une détérioration du pouvoir d’achat. L’Intersyndicale a manifesté son attachement à la plateforme de revendications qu’elle avait exprimée, en invitant les travailleurs du secteur à rester mobilisés pour la satisfaction pleine de toutes les revendications. Il s’agit en particulier de l’amélioration du pouvoir d’achat, la révision de la grille des salaires, le rétablissement de la retraite proportionnelle et sans condition d’âge, ainsi que la révision des programmes et des méthodes d’enseignement. En attendant de savoir quelle forme prendra le dialogue prôné par Belabed et la réponse que lui réserveront les organisations syndicales du secteur, l’offre peut ouvrir une nouvelle page dans les rapports entre deux parties marqués, depuis de nombreuses années, du sceau de la méfiance. <