L’auditorium Aboudaou de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa a abrité, dimanche, le 1er séminaire national sur l’environnement et l’hygiène dans les établissements de santé publics et privés, organisé par le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Khellil-Amrane de Béjaïa.

Placée sous le haut patronage du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, cette manifestation scientifique s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des directives nationales relatives à l’hygiène de l’environnement dans les établissements de santé publics et privés, tracées par la Direction générale de la prévention et de la promotion de la Santé.
C’est ce qu’a fait savoir le Pr Abdelmalek Danoune, directeur général du CHU de Béjaïa, lors de son allocution d’ouverture, avant-hier matin. « Cette rencontre vise à sensibiliser et informer l’ensemble du personnel de santé, tous corps confondus, sur les mesures figurant sur le référentiel portant sur l’hygiène de l’environnement dans les établissements de santé publics et privés», a-t-il souligné.
Cette manifestation scientifique a vu la participation d’éminents experts nationaux dans la prévention et la lutte contre les infections nosocomiales, à l’image du Pr Amhis Wahiba, présidente du comité des experts de lutte contre les infections associées aux soins. Il y a eu également la présence de nombreux professionnels de la santé et des gestionnaires d’hôpitaux et autres structures sanitaires de la région.
La rencontre, première du genre à l’échelle nationale, a été rehaussée par la présence aussi de la directrice de la prévention socio-environnementale au niveau du ministère de la Santé, le Dr Samia Amrani, qui a expliqué à l’assistance la nouvelle approche de son ministère de tutelle en matière de sécurité des patients.
« Les nouvelles orientations de notre ministère visent à améliorer les conditions d’hygiène dans les établissements de santé publics et privés. Il faut noter que grâce au concours de notre comité d’experts, chargé de la prévention et de la lutte contre les infections associées aux soins, on a élaboré un outil devant permettre aux professionnels de la santé, de savoir exactement quelles sont les normes et les procédures qu’il y a lieu de mettre en place dans nos hôpitaux et autre structure de santé », affirmera l’oratrice, ajoutant que « cet outil n’est autre qu’un référentiel que nous avons mis en circulation l’année dernière. Aujourd’hui, nous sommes là pour écouter les gestionnaires et les professionnels de la santé et enregistrer leurs éventuelles remarques et suggestions, et ce, en vue de les épauler et les accompagner dans la mise en œuvre de ces nouvelles directives du département de la santé».
Lors des débats autour de cette problématique d’hygiène hospitalière, le directeur de la santé et de la population (DSP) de Béjaïa, le Dr Hamici Belkacem, interviendra pour déplorer qu’«en dépit des efforts déployés localement en vue d’améliorer la situation de l’hygiène dans le milieu hospitalier, il nous a été donné de constater une nette augmentation du nombre de cas d’hépatite B enregistrés au niveau de notre wilaya (15 cas en 2016)».
Pour sa part, M. Kaci Abdellah, cadre gestionnaire de la santé à Béjaïa, n’a pas été tendre avec les praticiens qui, selon lui, « imposent leur omerta en vue de dissimuler des négligences et des fautes professionnelles préjudiciables aux malades». Pour preuve, a-t-il ajouté, «aucun établissement de santé n’est en mesure, aujourd’hui, de présenter une situation sur la prévalence des infections liées aux soins».
Enfin, il convient de signaler qu’à l’issue de ce séminaire, les différents gestionnaires et chefs de services hospitaliers présents ont été conviés à signer la charte pour la sécurité des patients qui sera généralisée progressivement à travers le territoire national. Une charte, faut-il le préciser, qui se veut un engagement solennel visant à garantir la sécurité des soins aux patients.