La bataille électorale pour les sénatoriales, le 29 décembre prochain, a bel et bien commencé à Béjaïa. Plusieurs candidats à l’unique fauteuil qui revient à la wilaya de Béjaïa, en prévision du renouvellement d’un tiers de la chambre haute du Parlement, se sont déjà lancés dans une opération de charme et de travail de proximité dans l’espoir de glaner quelques voix en plus du collège électoral déjà acquis pour les représentants des partis politiques traditionnels (FFS, RCD et FLN).

Si les noms des candidats du RCD et du FLN sont déjà connus, celui du FFS, qui constitue la première force politique en Kabylie, devait, quant à lui, être révélé hie à l’issue des élections primaires qu’organise le parti au niveau de son siège fédéral de Béjaïa. Fort de ses 242 élus locaux, dont 21 à l’APW de Béjaïa, le plus vieux parti de l’opposition démocratique semble déterminé à garder son fauteuil au Sénat, puisque le sénateur sortant est d’obédience FFS, Brahim Meziani en l’occurrence.
Ainsi, le FFS de Béjaïa aura à élire son candidat parmi les 9 élus locaux ayant postulé à cette course électorale. Parmi ces derniers, on peut citer le vice-président de l’APW, Abdennour Derguini, membre du conseil national de ce parti, les président d’APC de Tichy, de Béni Djellil, de Tamokra, Djamel Ayad, ancien P/APC et élu à l’APC de Sidi Aïch, et Abdenour Tafoukt, élu à l’APC de Béjaïa, qui vient de démissionner de l’Exécutif. Le P/APC FFS de Béjaïa, Hocine Merzougui, qui avait envisagé de déposer son dossier de candidature, a fini par y renoncer, sachant qu’une candidature du chef-lieu de wilaya n’a aucune chance d’aboutir, étant donné que le sénateur élu en 2015, Mohamed Bettache, est lui-même issu de Béjaïa-ville. Le RCD de Béjaïa, qui veut faire son entrée historique au Conseil de la Nation, a jeté son dévolu sur son P/APC de Fenaïa-Ilmaten, Farid Bali, qui est à son troisième mandat communal consécutif. Pour sa part, le Front de libération nationale (FLN) a, lui aussi, déjà choisi son candidat en la personne de Massinissa Ouari, un jeune élu à l’APC de Tazmalt qui a battu l’ancien P/APC de Béjaïa et Mouhafedh, Abdelhamid Merouani, à l’issue d’une élection primaire tenue le 17 novembre dernier au siège de la Mouhafadha FLN de la ville des Hammadites. Pour rappel, la circonscription administrative de Béjaïa compte un collège électoral global de 839 élus locaux, dont 43 siégeant à l’Assemblée populaire de wilaya (APW). Il faut, néanmoins, déduire de ce total, les 15 élus manquant qui représentent le nombre de sièges dont dispose la commune de Boudjellil. Dès lors que l’opération de vote fût annulée dans cette commune, lors des élections locales du 23 novembre 2017, après que des incidents aient émaillé le scrutin. Plusieurs urnes furent incendiées par des citoyens en colère. Par ailleurs, les élus dits « indépendants » qui sont numériquement la deuxième force politique dans la wilaya, avec un total de 152 élus, risquent, eux aussi, de faire une surprise cette fois, si jamais ils parviennent à dégager un candidat rassembleur et consensuel. En somme, bien que les pronostics donnent le candidat du FFS vainqueur des prochaines sénatoriales, il n’en demeure pas moins que les résultats demeurent une énigme, selon des observateurs politiques avertis.
C. A. M