Les services de police ont empêché, avant-hier, à Béjaïa, les quelques centaines d’anciens maintenus de l’Armée durant la période du terrorisme, entre 1992 et 1996, qui voulaient initier une marche pacifique depuis l’esplanade de la Maison de la culture Taous-Amrouche vers le secteur opérationnel de l’Armée, au quartier
d’El-Khemis.

Dès la matinée, un important dispositif sécuritaire a quadrillé les alentours du carrefour d’Aâmriw, notamment le boulevard Krim-Belkacem, afin d’empêcher les manifestants de se rassembler sur leur lieu de départ. Vers 09H, la présence policière s’intensifie et s’étale le long de l’itinéraire déjà tracé par les organisateurs de la marche. Du tac au tac, dès que les premières grappes de manifestants commencent à affluer vers la Maison de la culture, une troupe de policiers interviennent pour les arrêter, arguant qu’aucune marche n’est autorisée pour ce jour-là. Après une courte accalmie, d’autres anciens militaires, venus des wilayas limitrophes, tentent de revenir à la charge pour marcher, à partir de l’Hôtel des finances, en face du lycée El Hammadia (ex-Polyvalent), en vain ! Le dispositif sécuritaire mis en place est visiblement très fort. Au total, pas moins d’une centaine de manifestants ont été embarqués par la police vers le siège de la sûreté de wilaya, avant de les relâcher sur instruction du Secrétaire général de la wilaya qui assure les fonctions de wali par intérim. A noter qu’une délégation de ces anciens maintenus de l’Armée, appelés les 18+6, a été reçue par le wali par intérim auquel elle a transmis une copie de la plateforme des revendications.  Cette catégorie d’anciens militaires, qui a amplement participé à la lutte antiterroriste durant la décennie noire, réclame ses droits dans le cadre de la loi sur la réconciliation nationale, au même titre que les rappelés de l’Armée. « La reconnaissance d’un statut de maintenu pour la lutte contre le terrorisme », « le droit à une pension, la carte Chifa, l’accès aux soins dans les hôpitaux militaires », « le rappel des heures supplémentaires… », sont les principales revendications de ces anciens maintenus de l’Armée.