A l’instar des autres régions du pays, la wilaya de Béjaïa a plongé dans un climat de désolation et de consternation suite au crash de l’avion de l’ANP, mercredi dernier, à Boufarik, qui s’est soldé par la mort de 257 passagers.

Parmi ces victimes figurent trois jeunes militaires originaires de la wilaya de Béjaïa. Il s’agit, en fait, de Ferhat Bettache du village Aït Boudjit relevant de la commune de Darguina, de Haddouche Rabah du village Kefrida, dans la commune de Taskriout et de Moussous El-Hachemi, natif du village Djermouna, sur les hauteurs de la municipalité de Kherrata. Les trois défunts, engagés dans les rangs de l’armée nationale populaire, sont âgés entre 27 et 30 ans.
Lors de notre virée, hier matin, à Aït Boudjit, perché sur les monts de Darguina, nous avons eu à découvrir le village natal du défunt militaire Ferhat Bettache. Un village qui offre un visage triste en plein printemps, Après avoir emprunté quelques kilomètres sur un chemin montant et sinueux, nous sommes enfin arrivés chez la famille Bettache, dont les membres affichent un courage inouï, en dépit de la douleur qui les frappe. Le domicile mortuaire grouille de monde. Des groupes de personnes viennent de partout apporter leur soutien et présenter leurs condoléances à la famille Bettache qui vient de perdre l’un des leurs.
Dès notre arrivée, nous avons été reçu par l’un des frères du défunt, prénommé Saddek. Quelques minutes plus tard, son père est venu nous accueillir. Visiblement abattu suite à la disparition tragique de son fils Ferhat, ce sexagénaire s’est montré courageux en recevant les condoléances de la part de ces nombreux citoyens. « Mon fils Ferhat n’est pas le seul à avoir trouvé la mort dans cet accident tragique qui vient d’endeuiller toute l’Algérie. Ils sont tous morts pour leur patrie. Ce sont des martyrs du devoir national. Que voulez-vous qu’on fasse ? », nous dira d’une voix nouée le père de feu Ferhat Bettache.
Selon notre interlocuteur, cela fait 10 ans que son fils disparu, âgé de 29 ans, s’est engagé de son propre gré dans les rangs de l’ANP pour « servir son pays ». « Il fut d’abord enrôlé à la caserne de Batna avant d’être affecté sur Tindouf », nous a-t-il précisé. Avant d’ajouter « quand il était à Batna, il prenait le bus. Mais depuis qu’il est affecté Tindouf, il prenait le bus sur Blida pour, ensuite, prendre le vol sur Tindouf ».
Après avoir eu vent de la nouvelle macabre, ce père éploré s’est rendu jeudi dernier, soit au lendemain du crash de l’avion, à la caserne de Blida avant de partir à l’hôpital militaire d’Ain-Naâdja, où il a eu à confirmer la mort de son fils.
A noter que les représentants des autorités civiles et militaires de la wilaya de Béjaïa se sont déplacés ce week-end au niveau des trois localités endeuillées de la région Est de la wilaya, afin de présenter leurs condoléances aux familles des victimes et assister aux obsèques de ces martyrs du devoir national.
Plusieurs activités politiques et culturelles, prévues pour ce week-end à Béjaïa, tel que le programme artistique du TRB, ont été reportées, en signe de deuil.