C’est sous une pluie battante que des dizaines de personnes, dont des syndicalistes, des militants politiques et associatifs, ont battu le pavé, hier, à Béjaïa, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des travailleurs.

Cette manifestation de rue, initiée par certains syndicats autonomes, dont le CLA, le SATEF et le SNAPAP, et soutenue par les deux partis politiques se réclamant de l’extrême gauche, le PT et le PST, ainsi que par le comité de solidarité avec les travailleurs de la wilaya de Béjaïa, a eu pour point de départ l’esplanade de la maison de la culture Taous Amrouche pour se terminer à la place de la liberté d’expression Saïd Mekbel.
Les quelques carrés de manifestants qui se sont formés à partir de 10h00 se sont ébranlés depuis le carrefour d’Aâmriw, sous le regard vigilant des forces de police, dépêchées sur les lieux pour la circonstance. Les marcheurs, qui entonnaient des chants patriotiques et révolutionnaires tirés du riche patrimoine musical kabyle, arboraient tout au long de leur parcours des banderoles et pancartes portant des slogans en faveur de la lutte ouvrière, notamment « l’amélioration du pouvoir d’achat » et « la préservation des acquis sociaux ».
« Pour le respect de l’exercice du droit syndical et le libre choix des représentants des travailleurs», «la permanisation des travailleurs en passant des CDD aux CDI », « le respect de la convention collective »…, sont autant de mots d’ordre de cette démonstration de rue.
Une fois arrivés à la place de la liberté d’expression Saïd Mekbel, sise à la cité Rabéa, certains organisateurs de la marche ont pris la parole devant la foule pour expliquer la symbolique que représente cette date du 1er mai, mais aussi le but de leur action, devenue une tradition dans la région.
Les différents intervenants, dont le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), Saïd Salhi, le président du comité des chômeurs de la wilaya d’Ouargla, Tahar Belabbas, et le militant associatif de Béjaïa-ville, Yanis Adjlia, ont tous plaidé pour le « maintien de cette dynamique sociale visant à construire une véritable alternative syndicale ». Après avoir dénoncé à demi-mot le «syndicat-maison » que dirige Abdelmadjid Sidi Saïd (UGTA – ndlr), certains représentants de syndicats autonomes ayant pris part à cette manifestation, appellent l’ensemble des forces démocratiques du pays à « lutter ensemble contre le code du travail et la loi sur le départ à la retraite » et « dénoncer la dégradation du pouvoir d’achat ».
Par ailleurs, les mêmes syndicalistes autonomes ont tenu à exprimer leur soutien «indéfectible» aux travailleurs de la société privée COGB La Belle (ex-ENCG de Béjaïa), tout en dénonçant « les pressions exercées sur eux et la précarité galopante qui avoisine plus de 70% de l’effectif global de cette entreprise ».