Le premier cycle de formation des médiateurs judiciaires de la wilaya de Béjaïa a pris fin vendredi dernier. C’est au siège de la cour de justice que s’est déroulé, durant plusieurs jours, la session de formation aux techniques de base de la médiation, la première du genre en Algérie. Elle a regroupé une dizaine de médiateurs judiciaires agréés près les tribunaux de Béjaïa, Kherrata, Amizour, Sidi Aïch et Akbou.


Organisé par le bureau des médiateurs judiciaires de la wilaya de Béjaïa, dans le cadre de la mise en œuvre du programme de formation intitulé «Spring », ce cycle de formation a été précédé, faut-il le rappeler, par une journée d’études qui s’est déroulée au Centre culturel islamique de Béjaïa, en présence des autorités locales et notamment du président de l’Association nationale des médiateurs judiciaire (ANMJ). S’adressant spécialement aux professionnels du métier, cette formation vise d’abord à donner au médiateur un standard académique de type européen, notamment belge et français, où un cursus de 40 heures au minimum est requis pour se professionnaliser dans ce genre de mission, puis pour améliorer son niveau de rendement professionnel pour le règlement de litiges et différends au sein de la société. Enfin, ce stage de formation permet aussi de lui faire acquérir une bonne amélioration des capacités de communication, de négociation et de dialogue.
Animé et encadré par M. Hamma Salah, expert en médiation et diplômé de l’Union Européenne, le programme de la formation, présenté lors de la session, comprend plusieurs chapitres dont l’historique exhaustif et récent de la médiation, la définition de la communication et la notion sur les conflits. Au menu du planning, figurent également les différentes expressions émotionnelles ainsi que ses composantes, les différents modes de règlement de conflits au niveau d’un tribunal (unique juridiction avec laquelle le médiateur est habilité à y instrumenter), l’arbitrage, l’homologation, la conciliation par un tiers, la négociation et la prévention juridique.
Dans un autre volet, divers autres thèmes ont été notamment étudiés, tels que la recherche des faits et intérêts, la création d’options, la prise de décision, la rédaction du procès-verbal et la ratification de l’accord. La formation sur la loi de médiation et sa trace dans le Saint-Coran, le rôle de la communication et de l’information pour construire un pont entre les citoyens et l’appareil judiciaire, l’importance de la négociation, la capacité de détecter les besoins et les intérêts des deux parties pour déceler des pistes de solutions, sont autant de thèmes étudiés et débattus au cours du stage.
A la veille de la clôture des travaux de la formation, un sujet important ayant pour thème « L’organisation judiciaire en Algérie » a été présenté aux apprenants par M. Khimoum Mohamed, président du bureau des médiateurs judiciaires de la wilaya de Béjaïa, afin de permettre à ces derniers d’assimiler l’ensemble des règles qui fixent la compétence, la composition et la place qu’occupent les juridictions dans la hiérarchie du système judiciaire, les attributions des magistrats, l’organisation du greffe et les rapports des services judiciaires et administratifs avec les professions réglementées qui y collaborent, à savoir avocats, notaires, huissiers, experts, commissaires-priseurs et traducteurs interprètes. L’orateur dira en substance que « le médiateur judiciaire doit s’imprégner de ce genre d’information juridique qui est une discipline transversale utile à tous. Il intervient, concrètement, en tant qu’intermédiaire entre les justiciables, d’une part, et le tribunal dans les différentes affaires relevant du civil, d’autre part ».
Selon M. Khimoum, au terme des travaux de cette formation, les participants pourraient disposer d’un large éventail d’outils et d’attitudes pour aborder de manière pertinente les différentes facettes d’une situation, dans le respect de leur rythme et de la nature des litiges qui leur seront présentées jusqu’à l’élaboration de l’accord.
Notre interlocuteur devait rappeler que la mission du médiateur judiciaire a été consacrée par le code de procédure civile et administrative, entré en application en avril 2009 et, à la faveur duquel, 2 212 médiateurs judiciaires (dont 101 femmes) ont été nommés à travers les juridictions du pays, selon les statistiques du ministère de la Justice. A ce titre, il lance un appel à tous les responsables et notamment aux membres du barreau, à quelque niveau que ce soit, pour travailler de concert et informer le citoyen et le justiciable sur les modalités pratiques de la médiation. « Notre principal objectif est de parvenir à approcher ce qui se fait aujourd’hui en Europe où des litiges à hauteur de 80 % sont réglés par la médiation, alors que dans notre pays, celle-ci n’est encore qu’à ses premiers pas malgré ses sept années d’existence », a-t-il souligné.
En somme, cette formation devra permettre aux médiateurs judiciaires des tribunaux relevant de la Cour de Béjaïa, disposant d’une expérience et d’une connaissance en matière juridique et de gestion des conflits appropriés, d’acquérir une bonne amélioration des capacités de communication, de négociation et de dialogue.