Les candidats dits indépendants sont, à l’instar du taux de participation, la grande inconnue des élections législatives du 4 mai prochain. En dépit des conditions draconiennes fixées par la nouvelle loi électorale qui exige, entre autres, le parrainage de citoyens, les candidats indépendants désirant entrer en course pour la prochaine députation, ne désespèrent pas.

À Béjaïa, pas moins de 14 postulants à titre indépendants ont déjà retiré les formulaires de candidature au niveau des services de la direction de la réglementation et des affaires générales (DRAG).
Parmi les candidats les plus en vue, on citera l’actuel maire de Tinebdar, M. Braham Bennadji, qui était le premier homme politique à avoir annoncé publiquement sa candidature aux prochaines législatives. Après avoir marqué son passage à la tête de sa municipalité, durant les deux derniers mandats (2007 – 2017), l’édile communal de Tinebdar a décidé de briguer un mandat parlementaire.
De son côté, la députée sortante du RND, Mme Ikhlef Zina, en rupture de ban avec son parti, s’attelle à collecter les 3 000 signatures exigées par la loi pour constituer une liste indépendante. Pour sa part, l’ex-président de l’Assemblée populaire de wilaya de Béjaïa, M. Hamid Ferhat, est, lui aussi, tenté par cette aventure politique, puisqu’il est en passe de concocter une liste indépendante dénommée «Liste des citoyens libres» (LCL).
«Lancer une dynamique citoyenne de réappropriation de l’espace public en l’absence d’une classe politique à la mesure de la crise que traverse notre pays», voilà le credo de l’ancien P/APW du FFS (2007 – 2012), qui ambitionne de se hisser au statut de député à la faveur du scrutin du 4 mai prochain. Pour ce faire, l’ex-cadre du FFS a fait appel à ses trois amis, eux aussi dissidents du FFS.
Il s’agit de MM. Rachid Beldjoudi, Rabah Meksem et Zahir Attouche, respectivement maires d’Ouzellaguen, Tifra et Tibane, lesquels se sont fait réélire, en 2012, sur des listes indépendantes, après avoir été élus, en 2007, sous la bannière du FFS.
Cependant, la liste dite LCL risque de buter sur des contraintes sérieuses, puisque l’un des colistiers de M. Ferhat, M. Beldjoudi en l’occurrence, a des démêlés avec la justice, dont une condamnation pour diffamation prononcée le 24 janvier dernier par le tribunal d’Amizour.
À noter qu’outre ce problème de manque de probité et d’antécédents judiciaires, les candidats indépendants auront du mal à collecter les 3 000 signatures exigées par la nouvelle loi électorale, eu égard à l’état d’esprit des citoyens de la région qui sont vraiment indifférents, voire hostiles, au scrutin législatif dans le contexte socioéconomique actuel. «La majorité de ces candidats qui courent pour le parrainage de leurs concitoyens, ne cherchent réellement qu’à s’offrir une place au soleil. Personne ne se soucie de l’avenir de notre région, encore moins le devenir de ses habitants. Pourquoi alors aller voter ?», nous a déclaré un militant associatif très connu à Béjaïa.