Les membres du collectif de la société civile de Béjaïa, qui ont interpellé la semaine dernière le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à travers une requête, tiennent à préciser que le seul et unique souci de leur démarche est le développement socioéconomique de leur région, « loin des calculs politiciens, encore moins électoralistes ».

Lors d’un point de presse, tenu samedi au siège du Centre d’information et de documentation des droits de l’Homme (CDDH) de Béjaïa, ce collectif de citoyens, composé essentiellement de militants des droits de l’homme et de partis politiques se revendiquant de la mouvance démocratique (FFS, RCD, MDS, PST, Jil Jadid…), de syndicalistes, des d’artistes, d’intellectuels, d’es ‘étudiants… est longuement revenu sur les objectifs, les orientations et les perspectives de son organisation. «Nous avons décidé d’organiser ce point de presse pour une meilleure vulgarisation de notre collectif», expliquera, d’emblée, Hocine Boumedjane, responsable du CDDH. Il reviendra ensuite sur l’historique de sa création. «C’est suite aux émeutes du 2 janvier dernier qui ont secoué notre région que l’idée de créer une organisation citoyenne, visant à déjouer les manœuvres de déstabilisation de notre wilaya, a germé», a-t-il ajouté. Prenant la parole, le responsable du parti Jil El Jadid, Rabah Naceri, ex-P/APW FFS (1997-2002), soutiendra que leur collectif veut répondre aux attentes de la population de Béjaïa. «Nous voulons rassurer nos concitoyens que ce collectif n’a aucun but électoraliste», a-t-il martelé. Avant d’enchaîner : «C’est purement un concours de circonstances si notre collectif a vu le jour à la veille des élections législatives. Notre initiative ira au-delà des élections, car notre souci majeur est le développement économique de notre région.»
Malek Sebahi, un militant associatif, indiquera, pour sa part, que « c’est beaucoup plus le devenir de notre région qui nous intéresse. La situation de développement économique de notre région est à la traîne par rapport à d’autres wilayas. Béjaïa est toujours marginalisée par les pouvoirs successifs depuis 1962, alors que la région a payé un lourd tribut pour l’indépendance du pays. Nous devons prendre notre destin en main en faisant pression sur le pouvoir pour qu’il se penche sur notre région». «La naissance de notre collectif est due à l’échec du mode de gestion de notre pays, notamment à Béjaïa. On a l’impression qu’il y a réellement une volonté de marginaliser notre région. Je suis convaincu que Béjaïa n’a pas le statut de wilaya», dénoncera avec véhémence M. Ferroudj, un autre animateur du mouvement associatif. Abondant dans le même sens, un autre membre de ce collectif, M. Dadi déclarera que « la création de notre collectif est une réponse à tous ceux qui disent que la société civile est démobilisée. Qu’ils sachent, aujourd’hui, que Béjaïa est toujours à l’avant-garde du combat démocratique. Si notre wilaya est en retard économiquement, elle est, toutefois, en avance politiquement !». Cet intervenant fera remarquer que « chaque fois qu’un nouveau wali arrive, il nous chante la même rengaine, en promettant de rattraper le coup, alors que les retards s’accumulent au fil des années ». Avant d’ajouter : «Nous, les membres du collectif de la société civile de Béjaïa, aspirons à constituer un front large pour défendre la justice sociale et les intérêts de notre région.» Rappelons, enfin, que ce collectif a adressé la semaine passée une requête au président de la République, pour l’interpeller sur « le retard du développement socioéconomique de la région » et le mettre devant « ses responsabilités historiques à prendre en urgence les mesures exigées par la gravité de l’heure ».