Les travaux en plénière de l’Assemblée populaire de la wilaya de Béjaïa ont repris, mercredi dernier, à la faveur d’une session ordinaire consacrée, essentiellement, au secteur de la santé qui n’a pas manqué, comme il fallait s’y attendre, de susciter un débat parfois houleux.

C’est un véritable réquisitoire auquel se sont donné les différents intervenants parmi les 36 élus présents sur les 43 que compte l’assemblée.
Seul le groupe d’élus RCD, qui s’est distingué par sa position «neutre et objective», en refusant de cautionner les attaques en règle de ses camarades issus d’autres formations politiques. D’ailleurs, ils ont fini par claquer la porte de la salle des délibérations de l’APW, arguant que «nous, au RCD, nous sommes convaincus que l’APW n’est qu’un organe délibérant, où on peut interpeller les pouvoirs publics et revendiquer une répartition équitable des projets de développement local. Nous ne sommes pas là pour régler des comptes ou tirer sur l’ambulance».
Avant de quitter la salle, le chef de groupe d’élus RCD, Rabah Hadjal, a fait lecture d’une déclaration, dans laquelle il estime que «la restriction budgétaire ne devrait pas s’appliquer à notre wilaya, dès lors qu’elle accuse un retard flagrant sur plusieurs indicateurs». Selon l’orateur, «les vrais malades parmi les simples citoyens sollicitent la solidarité citoyenne ou associative, à travers des appels de détresse sur les réseaux sociaux, alors que les plus fortunés se permettent des soins à l’étranger». Lors de la séance des débats, les différents intervenants ont soulevé bon nombre d’anomalies et de carences constatées au niveau des structures de santé de la wilaya, tout en dénonçant «la mauvaise gestion» du secteur.
C’est le cas de M. Kaci Abdellah, cadre de la Santé, et néanmoins candidat potentiel aux prochaines élections législatives. Il n’a pas manqué de dresser un tableau peu reluisant de la situation du secteur dans la wilaya de Béjaïa. «Des difficultés diverses sont perceptibles dans le fonctionnement de nos établissements de santé qui sont dues essentiellement à un manque de vision prospective de la part des responsables administratifs et technico administratif», a-t-il relevé. Avant d’ajouter : «Des dotations budgétaires colossales ont été allouées pour l’équipement médical et divers matériels d’exploitation. Malheureusement, les résultats sont médiocres sur le terrain en matière de prise en charge des malades. L’insatisfaction est générale touchant même le personnel de santé qui n’arrive pas à s’épanouir dans l’exercice de ses fonction en l’absence d’un climat de travail approprié».
Pour sa part, la commission permanente de l’APW, chargée de la santé, de l’hygiène et de la protection de l’environnement, a établi un rapport pour le moins accablant sur le secteur de la santé dans la région. Les membres de cette commission, qui affirment avoir sillonné les quatre coins de la wilaya de Béjaïa, déplorent «l’absence d’organisation sanitaire et de coordination interétablissements, en particulier au niveau des soins de santé de base.
Le manque de communication interservices hospitaliers, en l’absence de l’informatisation des structures, l’absence du dossier médical électronique conduisent à l’opacité dans la prise en charge des malades et au manque de transparence dans le suivi, le traitement et la fixation des rendez-vous. L’absence de coordination entre le secteur public et le secteur privé dans la prise en charge des patients…» De son côté, l’élu du RND, Mohand Saddek Kheladi, a mis à profit cette occasion pour interpeller les membres de l’assemblée, mais aussi le wali de Béjaïa, présent dans la salle, sur le cas du jeune père de famille de la daïra de Sidi Aïch, atteint d’une maladie grave (cirrhose du foie), qui ne peut, semble-t-il, être soigné en Algérie, et dont un élan de solidarité citoyenne a déjà été mis en place. L’intervenant a donc lancé un appel au wali afin de venir en aide à ce patient qui nécessite des soins onéreux à l’étranger. Il demande, par ailleurs, à ce que «les poursuites engagées à l’encontre des citoyens bénévoles embarqués par la police, alors qu’ils participaient à l’opération de collecte d’argent, soient levées».