En grève illimitée depuis lundi dernier, les enseignants affiliés au syndicat autonome Cnapeste ont été empêchés par la police, mercredi dernier, d’occuper le siège de la Direction de l’Education de la wilaya de Béjaïa.

En effet, un impressionnant dispositif sécuritaire, composé essentiellement d’éléments de la compagnie nationale de sécurité (CNS), a été déployé, dès la matinée, autour de l’immeuble abritant le siège de l’Académie de Béjaïa. Ce maillage sécuritaire a, effectivement, réussi à contenir la foule en l’empêchant d’accéder dans l’enceinte de la Direction de l’Education. Il est à noter que les pouvoirs publics ont décidé de faire appel à ces renforts de police après que les responsables du Cnapeste aient brandi la menace d’occuper le siège de la DE, lors de leur rassemblement de protestation, tenu lundi dernier, devant le siège de l’Académie. A travers cette action, les enseignants grévistes comptent «exiger le départ des responsables locaux du secteur de l’Education».
Selon une source sécuritaire, l’empêchement des manifestants par la police vise à éviter tout éventuel dérapage ou acte de sabotage des biens publics.
Vers 11H, le wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, reçoit dans son cabinet, et à sa demande, les membres du bureau de wilaya du Cnapeste. Lors de cette rencontre, à laquelle a été également convié le Directeur de l’Education de la wilaya de Béjaïa, le chef de l’exécutif a insisté sur la nécessité d’engager des négociations «sérieuses et responsables», en vue de trouver une issue à ce bras de fer opposant les deux parties antagonistes. «Nous sommes invités par le wali pour des négociations en présence du DE. Nous avons exposé toutes nos doléances ainsi que les graves dépassements et blocages au niveau de la DE. En dépit de notre bonne volonté, nous déplorons aujourd’hui l’échec de nos négociations », a déclaré le coordinateur de wilaya du Cnapeste, Slimane Zenati, visiblement très déçu par l’échec des pourparlers. A leur sortie du cabinet du wali de Béjaïa, les cinq membres du Cnapeste ont décidé de maintenir leur rassemblement afin de faire un compte-rendu à leurs adhérents. «C’est la déception totale !», lance d’emblée, le coordinateur de wilaya du Cnapeste devant une foule en colère. Avant d’ajouter : « Le wali s’est engagé à demander une commission d’enquête ministérielle. Mais nous lui avons rappelé qu’il y avait déjà une commission qui a enquêté sans rendre ses résultats.»
Enfin, M. Zenati annoncera sa démission ainsi que celle de tous les membres du bureau de wilaya, en affirmant : «Nous avons décidé de nous retirer du bureau. Il est temps de renouveler ses membres et continuer le combat jusqu’à l’aboutissement de nos revendications.»
C. A. M.