Hier, le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) a bouclé sa troisième journée consécutive de protestation. Il entend dénoncer, à travers cette action, « l’abus de pouvoir » de certains recteurs ayant monté « une cabale » contre leurs camarades syndicalistes. 

Dans son appel à ce mouvement de protestation, appuyé par un arrêt de travail durant les journées des 17, 18 et 19 décembre, l’instance nationale du Cnes déplore que des enseignants et des syndicalistes du supérieur soient l’objet de «licenciement, poursuites judiciaires et un tas d’intimidations et provocations». Notons qu’à Béjaïa, cette action de protestation est intervenue dans un contexte particulier du fait que les deux campus de l’université Abderrahmane-Mira étaient déjà fermés depuis plus d’une semaine. Il est quasiment impossible d’évaluer le taux de suivi du mot d’ordre de grève au niveau de cette université, où l’ensemble des blocs pédagogiques demeurent toujours bloqués par les étudiants. Ces derniers, regroupés autour d’une structure dénommée Coordination locale des étudiants (CLE) de Béjaïa, se sont révoltés dans le sillage de la polémique qu’a suscitée le rejet par la majorité des parlementaires de la proposition d’une députée du PT, portant amendement de la loi de finances 2018  visant le financement de la promotion de la langue amazighe, à travers le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA). Bien que les deux campus universitaires de Béjaïa demeurent bloqués par les étudiants, les membres de la section locale du Cnes se sont félicité, à travers leur page Facebook, du « succès » de l’appel à la grève lancé par leur syndicat au niveau national. La seule preuve avancée par les syndicalistes du Cnes à Béjaïa, est que la majorité des départements ont dû « annuler » leurs examens, en raison de ce débrayage de trois jours. Contacté, le professeur Khodir Madani, directeur du Laboratoire de recherches en biomathématique, biophysique biochimie à la faculté des sciences de la nature et de la vie, et membre de la section Cnes de Béjaïa, nous a affirmé que « les deux campus ont été paralysés durant la journée d’hier ». Avant d’ajouter qu’« en vérité, tous les blocs pédagogiques de l’université de Béjaïa sont fermés par les étudiants depuis une dizaine de jours ». Par ailleurs, notre interlocuteur a tenu à préciser qu’une assemblée générale extraordinaire devant regrouper les membres des deux syndicats Cnes et Snapap de l’université de Béjaïa, devra se tenir cet après-midi au campus d’Aboudaou. Les principaux points inscrits à l’ordre du jour de cette AG extraordinaire, « l’évaluation des trois journées de protestation initiées par le Cnes » et « la suite à donner à la situation de blocage que traverse l’université de Béjaïa ». « Si la situation de statu quo venait à être prolongée encore davantage, le calendrier des examens sera sérieusement perturbé », a-t-il averti. Enfin, il y a lieu de signaler que la Coordination locale des étudiants (CLE) de Béjaïa a organisé, avant-hier après-midi, à l’auditorium du campus Targa-Ouzemmour, une conférence-débat autour du thème «La promotion de tamazight et la loi de finances 2018 ». Cette rencontre-débat a été coanimée par le militant de la cause identitaire, Aziz Tari, l’un des détenus d’avril 1980, et le syndicaliste du CLA, Idir Achour.