Plus d’un mois après la rentrée sociale, marquée par un calme précaire, voilà que l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa renoue avec les actions de protestation qui risquent de perturber sérieusement, cette année encore, le déroulement du cursus universitaire.

En effet, cela fait une semaine que les deux  campus universitaires, Aboudaou et Targa Ouzemour, sont paralysés par un mouvement de protestation initié par la coordination locale des étudiants (CLE).
Si les blocs pédagogiques du pôle d’Aboudaou sont fermés depuis le dimanche 11 novembre dernier, le portail principal du campus de Targa Ouzemour a été carrément cadenassé, hier matin, par des étudiants en colère qui réclament, entre autres revendications, la « levée des conditions d’accès au master », afin de permettre à tous les licenciés de s’y inscrire et à poursuivre leur cursus universitaire au niveau de leur faculté d’origine, sans les contraindre à se déplacer dans d’autres wilayas.
Par ailleurs, les étudiants contestataires exigent la réintégration pure et simple de leurs camarades ayant fait l’objet d’une décision d’exclusion
«abusive». Il s’agit, en fait, de quelque 34 étudiants résidant au niveau des cités de Berchiche, dans la périphérie de la ville d’El Kseur.
Pour ce faire, la majorité des membres de l’assemblée générale extraordinaire (AGE) de la CLE, tenue hier matin au campus d’Aboudaou, a décidé d’organiser dans la même journée d’hier, un sit-in devant le siège de la direction des œuvres universitaires (DOU) d’El Kseur afin de demander la réintégration de leurs camarades exclus pour des raisons disciplinaires.
Selon les membres de la CLE, « l’administration rectorale a bel et bien visé les étudiants les plus actifs, connus pour leur engagement politique et leur combat pour l’amazighité et les libertés démocratiques ». Pour rappel, la coordination locale des étudiants a enclenché ce mouvement pour « exiger la réintégration de tous les étudiants privés arbitrairement de leur droit d’accès au master, notamment ceux du Département de langue et culture amazighes (DLCA)», lit-on dans la dernière déclaration de la CLE. En outre, la CLE dénonce «le climat de terreur instauré par une administration autoritaire au niveau des résidences et des campus universitaires. Les étudiants de Béjaïa exigent l’arrêt immédiat de la violence visant à étouffer toutes voix militantes et revendicative (l’exclusion des militants associatifs et syndicalistes de Barchiche) ». Enfin, la CLE « interpelle et met l’administration rectorale face à ses responsabilités et appelle les étudiants, ainsi que l’ensemble de la communauté universitaire à rester mobilisés pacifiquement jusqu’à la satisfaction de notre plateforme de revendications ».