La mobilisation tant attendue n’aura finalement pas été au rendez-vous du rassemblement de soutien au blogueur incarcéré, Merzoug Touati, tenu dans la soirée de jeudi, au niveau de la place de la Liberté d’expression-Saïd-Mekbel, au centre-ville de Béjaïa.

En effet, de nombreux acteurs politiques et sociaux, des militants des droits de l’Homme et des représentants de la société civile, bien connus sur le terrain des luttes pour les causes justes, à Béjaïa, ont brillé par leur absence à cette action organisée en nocturne suite à l’appel lancé la semaine écoulée par les membres du comité de soutien à Merzoug Touati, un jeune blogueur condamné à sept ans de prison pour «intelligence avec une puissance étrangère». A noter que selon les déclarations de l’un des avocats de ce détenu d’opinion, celui-ci a déjà entamé sa deuxième semaine de grève de la faim dans la prison d’Oued-Ghir, où il purge sa peine. Les avocats de la défense semblent être inquiets de la dégradation de l’état de santé de Merzoug Touati et redoutent le scénario du pire, comme ce fut le cas du journaliste Mohamed Talmat, décédé en prison après avoir observé une grève de la faim. Pour le jeune militant associatif de Béjaïa, Yanis Adjlia, qui fait partie des organisateurs de ce qu’il appelle la « Nuit des libertés », il y a réellement un manque dans l’organisation. Toutefois, il promet au passage de renouveler cette action prochainement, mais en invitant plus de monde, notamment des acteurs de la société civile. Parmi les présents à cette manifestation nocturne, il y avait l’ancienne figure de proue du Mouvement culturel berbère (MCB), Djamel Zenati, des militants des droits humains, tels que Hocine Boumedjane et Abdenour Ziani de la CDDH de Béjaïa, l’avocat et membre du collectif de défense de Merzoug Touati, Me Hamaïdi, des animateurs du Café littéraire de Béjaïa, notamment Kader Sadji, et l’enseignant d’économie Mourad Ouchichi… Afin de tuer le temps en cette longue nuit de « combat », certains artistes, dont M’hamed Hassani, ont déclamé des poèmes en tamazight sous les applaudissements des manifestants. Prenant la parole, Abdenour Ziani, militant politique et membre actif du comité pour la libération de Merzouk Touati, a tenu à rappeler que « le jeune blogueur condamné à sept ans de prison, entame sa deuxième semaine de grève de la faim ». Avant d’ajouter que « cette situation doit interpeller la conscience de tout un chacun de nous. » Selon lui, « l’Algérie de toutes les libertés, libertés acquises au prix de grands sacrifices, ne semble pas inquiéter outre mesure les partis politiques dits d’opposition ». L’orateur lancera enfin un appel à tous les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile, les élus locaux et nationaux ainsi que les militants de la démocratie et des droits de l’homme, pour « prendre position, mais aussi à agir pour la libération de Marzouk Touati et Salim Yezza et de tous les détenus d’opinions. Car, l’heure est à la résistance dans la solidarité effective ». Notons que ce rassemblement tenu en nocturne s’est poursuivi jusqu’à l’aube, où les manifestants se sont dispersés dans le calme.