La ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fatma Zohra Zerouati a décidé de ne pas remettre en service le centre d’enfouissement technique de Sidi-Bouderham, à cheval entre les communes de Bejaia et Oued-ghir, fermé depuis plusieurs mois par les populations des villages riverains, remontés contre ses « nuisances ».

« Il n’y aura plus de CET à Oued-Ghir », a-t-elle lancé sur le site à l’adresse d’une foule pacifique, venue lui exprimer sa réprobation quant à la localisation de cet équipement, jugé non seulement porteur d’une myriade de nuisances sur l’environnement et le confort des citoyens mais ne cadrant pas également avec la beauté du site, alliant la montagne, la forêt et la mer.
Certains intervenants, à l’instar d’un élu, ont mis cause, également sa dimension, étalée sur des dizaines d’hectares et son caractère budgétivore, exigeant pour son achèvement des dizaines de millions de dinars, qui de son point de vue, pourraient trouver un meilleur emploi, dans un projet analogue mais réduit, citant notamment une usine de traitement des déchets.
Au bout d’un échange dense mais convivial, la ministre a alors annoncé la décision de sa suspension. Mme Zerouati, n’a pas précisé pour autant l’alternative à lui opposer, ni du devenir des structures d’accompagnement, qui lui sont accolés, à l’instar de la station de traitement des lixiviats, prévue sur les lieux pour prévenir l’atteinte des cours d’eau et des nappes phréatiques environnantes et pour laquelle, il a été retenue, l’injection de quelques 200 millions de dinars.
Cette décision a réjoui, à l’évidence, les représentants d’associations environnantes hostiles, le manifestant avec de grands « hourra » et des cris de liesse indescriptibles, estimant que leur engagement a payé. En effet, depuis 2012, il n’ont eu de cesse de monter au créneau, se radicalisant davantage depuis l’été 2015, coïncidant avec le début de la mise en activité de l’équipement et qui d’emblée a montré ses limites et qui a valu sa fermeture depuis
Venue dans le cadre d’une visite de travail dans la wilaya, la ministre a par ailleurs exhorté les responsables locaux a en finir rapidement avec la décharge incontrôlée de « Boulimat », qui se trouve à l’instar du C.E.T, à 10 km à l’ouest de Béjaïa, dans un lieux féerique, avec une vue sur mer imprenable, mais qui reste défigurée et amoindrie, par la vue des ordures et des fumées qui s’en dégagent.
« Une décharge au milieu d’un massif forestier et face à la mer. Cela n’existe nulle part dans le monde. Il faut vite l’éradiquer » s’est-t-elle offusqué annonçant pour se faire la mobilisation par l’Etat d’une enveloppe de 800 millions de dinars, et exhortant les acteurs concernés par la gestion de déchets à faire un effort supplémentaire, pour rendre à la zone son lustre d’antan.
L’occasion de cette visite a par ailleurs permis à la ministre de donner ses orientations à propos de plusieurs sujets, notamment concernant le recours à l’énergie solaire, l’éradication des sachets en plastiques et leur remplacement par des emballages écologiques ou encore la protection des différents milieux naturels.
Elle a rencontré à l’occasion les représentants du mouvement associatif et visité divers unités économiques, notamment à Bejaia et Akbou. n